L’atrophie menace les équipementiers en télécoms
Alcatel-Lucent n’en finit pas de se réorganiser. L’équipementier en télécoms franco-américain a détaillé hier une partie de son nouveau plan de restructuration, le deuxième en à peine trois ans. Les structures de direction vont être simplifiées et plusieurs fonctions centralisées sous la houlette d’un comité exécutif dont la composition passe de douze à six personnes. Le directeur financier Paul Tufano est également nommé directeur des opérations et supervisera désormais la chaîne logistique et les achats ainsi que trois activités (entreprises, industries stratégiques et réseaux sous-marins).
Un signal clair alors que le groupe compte économiser 1,25 milliard d’euros d’ici fin 2013. En revanche, aucun élément n’a encore été fourni sur la répartition géographique des 5.000 suppressions d’emplois programmées dans le cadre de cette restructuration au niveau mondial, soit environ 7% des effectifs.
Alcatel-Lucent n’est pas le seul équipementier en télécoms à courir après les restructurations. Nokia Siemens Networks n’a pas hésité l’an dernier à supprimer 17.000 emplois à travers le monde, soit un quart de ses effectifs, pour tenter de préserver sa rentabilité. Il avait également décidé de concentrer ses efforts sur le seul segment des équipements de réseaux pour la téléphonie mobile. Un mouvement d’atrophie en partie suivi par Alcatel-Lucent aujourd’hui, avec l’abandon annoncé des marchés et des contrats les moins rentables. Les analystes de Cheuvreux rappelaient hier que cette stratégie est la seule viable pour le groupe franco-américain dont la situation de liquidité devra également être réglée dans les prochains mois (lire ci-dessous).
Selon Credit Suisse, le marché des équipements mobiles devrait baisser de 6% cette année et stagner en 2013, malgré une hausse de 7% des investissements des grands opérateurs. D’une part, les opérateurs investissent moins en équipements qu’autrefois, et plus en services ou en logiciels.
D’autre part, alors que les technologies 2G et 3G sont arrivées à maturité, les équipements se livrent à une bataille féroce pour prendre des parts de marché sur la 4G (long term evolution, LTE), au prix de leurs marges.
Les analystes de Deutsche Bank estiment qu’entre le début de 2011 et la fin de 2012 la marge brute d’Alcatel-Lucent aura perdu 4 points pour tomber à 32%. Celle d’Ericsson chuterait de 5 points à 34%.
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