Latécoère anticipe une baisse significative de son endettement
Pénalisé par un endettement lourd, Latécoère a confirmé hier soir avoir reçu «plusieurs manifestations d’intérêt qu’il compte approfondir dans les prochains mois» en vue d’un possible adossement, sans donner plus de détails. Selon Le Figaro, trois candidats potentiels (le chinois Avic, le britannique GKN et le néerlandais Fokker-Stork) lui ont remis une offre chiffrée. «Le groupe est opéable et a besoin d’un partenaire pour se consolider. Dans tous les cas, il faudra un aval d’Airbus à l’opération», relève un analyste.
Si 58% du chiffre d’affaires de Latécoère est réalisé avec la filiale d’EADS, le constructeur aéronautique a cependant jusqu’ici exclu de racheter l’équipementier. Le fonds stratégique d’investissement a de son côté récemment déclaré être prêt à prendre une participation dans Latécoère, mais uniquement dans le cadre d’une consolidation de la filière, pas pour restructurer la dette. Un porte-parole du fonds contacté par L’Agefi a indiqué que cette position n’avait pas évolué.
En attendant, les comptes annuels de Latécoère témoignent de sa capacité à capitaliser sur la reprise de son activité constatée depuis le printemps 2010. Sa marge d’exploitation courante est passée de 2,2% à 5,9% pour un chiffre d’affaires en progression de 3,3% à 464,4 millions d’euros. Grâce à «une diminution significative du BFR et à la limitation des investissements industriels», son endettement net a été contenu à moins de 351 millions à fin décembre 2010 contre 359 millions un an plus tôt. Tous les covenants financiers de sa dette restructurée en mai dernier sont respectés.
S’appuyant sur un carnet de commandes atteignant près de cinq années de chiffres d’affaires, le groupe table pour 2011 sur une croissance de ses ventes comprise entre 5% et 10% «hors facturations des frais de développement ». Sa marge opérationnelle courante sera supérieure à 7%, «avec un objectif de 8% pour 2012». Un accord conclu avec Boeing concernant la production des portes du 787 se traduira par la conversion de 75 millions de dollars (53 millions d’euros) d’avances reçues, qui auront un impact positif sur le chiffre d’affaires à fin mars. L’équipementier précise que son exposition au dollar «est couverte à concurrence de 90% sur 2011 et 71% sur 2012» et que sa dette nette devrait baisser d’environ 50 millions en 2012, du fait notamment d’encaissements programmés de frais de développement.
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