L’Assemblée nationale se saisit du «say on pay» contraignant
Dépassés par la polémique sur les rémunérations des grands patrons, l’Afep et le Medef sont en train de perdre la main. L’échec de la soft law a conduit le gouvernement, et maintenant le Parlement, à se saisir du sujet. Dans le cadre du projet de loi relatif à la Transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, dite «Sapin 2», la commission des lois de l’Assemblée nationale examine aujourd’hui des amendements, dont celui de son rapporteur, le député socialiste Sébastien Denaja, en vue d’instaurer un vote préalable et contraignant sur la rémunération des dirigeants mandataires sociaux. Fort du précédent chez Renault où le conseil d’administration a maintenu la rémunération du PDG en dépit du vote négatif des actionnaires, cet amendement propose en particulier de prévoir un vote préalable et conforme de l’assemblée générale (AG).
Depuis juin 2013, le code Afep-Medef prévoit un vote ex post consultatif et annuel sur la rémunération des dirigeants mandataires sociaux. Un principe de gouvernance qui ne s’applique qu’aux seules sociétés se référant à ce code. En revanche, l’amendement déposé concerne toutes les sociétés cotées sur un marché réglementé, et toutes rémunérations liées à l’activité versées aux présidents, directeurs généraux ou directeurs généraux délégués, par la société, ou par une société contrôlée ou une société qui la contrôle. Aucun versement ne pourra intervenir avant l’approbation de l’AG. Si ce paiement était effectué sans cet accord des actionnaires, il serait nul de plein droit. Parmi les autres amendements déposés par les députés figurent la suppression des jetons de présence pour les présidents du conseil et directeurs généraux de la société, ou encore l’obligation de lier l’attribution des jetons à la présence effective des administrateurs.
L’Afep et le Medef ont lancé hier soir leur consultation sur la révision de leur code de gouvernance mais les aménagements proposés restent très en deçà des attentes du gouvernement. Le patronat propose de rendre le say on pay impératif sans être contraignant, de fixer pour la rémunération variable des conditions «exigeantes, transparentes» et alignées avec les intérêts de long terme de l’entreprise, et de motiver les conditions de départ des dirigeants.
Plus d'articles du même thème
-
La directrice financière de HSBC quittera son poste en 2027
Pam Kaur a décidé de ne pas renouveler ses fonctions pour poursuivre d’autres opportunités. Elle assumera un rôle de conseillère auprès du directeur général Georges Elhedery. -
Malakoff Humanis détaille son plan d'action face à l'enquête du PNF
Le groupe mutualiste précise les mesures prises face à une enquête du parquet national financier pour corruption, portant sur la rémunération d'intermédiaires par plusieurs de ses gérants partenaires. -
Richemont esquisse un plan de succession
Le propriétaire de Cartier et Van Cleef & Arpels nomme le fils de son président Johann Rupert comme co-vice-président non exécutif de son conseil. De quoi réaffirmer l’ancrage familial.
ETF à la Une
Les ETF européens approchent des 4.000 milliards de dollars d’encours
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- Avec le Livret A, Trade Republic et Axa Banque se partagent les données et les responsabilités
- Apple dévoile l'iPhone Duo, son premier smartphone pliable
Contenu de nos partenaires
-
KärcherA la Fête de l’Humanité, Jean-Luc Mélenchon fait place nette à gauche
Imagine-t-on Georges Marchais se faire voler la vedette sur ses terres ? C’est ce qui est arrivé à Fabien Roussel, éclipsé par le bruit et la fureur que déchaîne le candidat insoumis partout sur son passage -
God save the king !L’Ecosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord se rebellent contre le Royaume-Uni
Les chefs nationalistes des trois nations devraient signer, ce lundi 14 septembre, un protocole d’accord en faveur de leur indépendance respective. Ils le feraient toutefois en tant que chefs de parti et non comme chefs de leur gouvernement décentralisé -
Au Royaume-Uni, la croissance fait de la résistance
L’activité britannique a déjoué les attentes du marché en progressant en juillet, pour le second mois consécutif. Une embellie bienvenue pour les travaillistes, en pleine préparation d’un épineux budget