L’Asie et la joaillerie alimentent l’insolente croissance de Richemont
Le pouvoir d’attraction de nos produits» demeure intact, s’est félicité hier Johann Rupert, le PDG de Richemont, leader mondial du luxe aux côtés de LVMH avec des marques comme Cartier, Baume & Mercier ou Montblanc. Il est vrai que le groupe helvétique a publié un chiffre d’affaires supérieur aux attentes à fin décembre dernier, en hausse de 24% (à taux de changes constants et courants) sur le trimestre écoulé (troisième de l’exercice fiscal) à 2,62 milliards d’euros.
«La performance d’ensemble du groupe reste solide» a ainsi asséné Johann Rupert, qui reconnaît tout de même l’impact négatif d’un «environnement économique volatil et délicat». Sur les neuf premiers mois de l’exercice, le rythme de croissance des ventes (6,83 milliards d’euros) est ramené à 31% à changes constants et 27% à changes courants. Pour le seul mois de décembre, la hausse atteint 24%.
Pas de quoi toutefois selon le dirigeant remettre en cause l’objectif de publication le 16 mai prochain d’un résultat opérationnel pour l’ensemble de l’exercice «nettement supérieur» à celui du précédent (1,35 milliard). D’ici là, l’éternel rival français communiquera le 2 février ses résultats annuels 2011. La semaine passée, l’américain Tiffany & Co a revu à la baisse son ambition de résultats annuels après des ventes de fin d’année en «baisse sensible» en Europe et aux Etats-Unis.
L’Asie a continué à jouer le rôle de locomotive au cours du trimestre écoulé, et particulièrement Hong Kong et la Chine continentale. Les ventes dans la région ont bondi de 36% pour représenter 40% du total. Une progression qui ramène certes à 50% à changes constants la hausse sur neuf mois. Sur trois et neuf mois, les ventes des marques de joaillerie (la moitié de celles du groupe) ont, elles, bondi de 25 et 34%. Selon la société d’études chinoise Hurun, Cartier est ainsi la deuxième marque préférée des millionnaires du pays. Derrière Louis Vuitton, et devant Hermès.
L’Europe fait pâle figure face au dynamisme affiché par Richemont en Asie. Les ventes ont pourtant progressé de 15% (changes constants) au sein du Vieux Continent sur les trois derniers mois de 2011, et de 19% depuis l’entame de l’exercice fiscal. Tandis que le chiffre d’affaires dans les Amériques suivait très précisément la même pente ascendante que celui de l’ensemble du groupe (+24 et +31%).
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