L’AMF invite la Place à élaborer un guide sur le traitement des votes en AG
Dans la foulée du premier rapport du groupe de travail de la commission consultative «Epargnants» sur le vote en assemblée générale (AG), dont 9 des 31 propositions avaient été intégrées dans la doctrine du régulateur en octobre 2017, l’AMF avait mis en place un nouveau groupe de travail, dont les conclusions ont toutes été reprises par le régulateur pour renforcer la transparence et l’effectivité du vote des actionnaires en AG.
Ces recommandations ont été approuvées par le Collège de l’AMF le 24 juillet dernier, avant même que n’éclate la polémique sur les faux résultats de vote en AG, principalement chez Vinci. Et justement, le régulateur recommande l’élaboration «aussi rapidement que possible», par l’ensemble des acteurs concernés (émetteurs, centralisateurs, teneurs de compte-conservateurs), en y associant les représentants des actionnaires, d’un guide de traitement des votes en assemblées générales. «Nous souhaitons un travail collégial, qui aboutisse rapidement, afin d’être applicable pour la prochaine saison des AG, confie à L’Agefi, Martine Charbonnier, secrétaire générale adjointe à l’AMF. Par ailleurs, nous regardons de près les graves dysfonctionnements dévoilés cet été et évaluerons les solutions mises en place pour remédier aux erreurs de décompte des votes. La vigilance de tous est nécessaire pour avoir une procédure permettant des contrôles renforcés sur toute la chaîne.»
Le régulateur propose deux modifications réglementaires. D’une part, en cas de vote électronique, prévoir que tout vote par procuration et par correspondance fasse l’objet d’un horodatage et donne lieu à une confirmation électronique de réception et, pour tout type de vote, permettre aux actionnaires d’obtenir sur demande une confirmation que leurs votes ont été pris en compte lors de l’AG ou la raison pour laquelle ils ne l’ont pas été. «Il est nécessaire d’avoir une traçabilité des votes, qui permette d’identifier d’éventuelles erreurs. Notamment, en conservant pendant trois ans les formulaires de vote irréguliers ou reçus hors délai», précise François Gilbert, à la direction de la régulation et des affaires internationales de l’AMF et rapporteur du groupe de travail. «Cette obligation va conduire à un aménagement des procédures chez les teneurs de compte et les établissements centralisateurs», ajoute Martine Charbonnier. D’autre part, l’AMF préconise aux émetteurs cotés sur un marché réglementé de publier le nombre total de droits de vote rejetés dont ils ont connaissance au jour de l’AG, au moment de l’annonce des résultats du vote. «Ces modifications réglementaires pourraient être prises dans le cadre des ordonnances prévues par le projet de loi Pacte pour transposer la directive Droits des actionnaires», ajoute François Gilbert.
L’AMF rappelle aussi aux émetteurs qu’ils doivent prendre en compte tout vote exprimé via un document de vote répondant aux exigences légales et réglementaires. Pour les sociétés qui utilisent des boîtiers électroniques de vote, qu’ils n’hésitent pas à en remettre «un nombre raisonnable» aux mandataires qui en font la demande. Un moyen de répondre aux intentions de vote de leurs mandants, qui ne vont pas toujours dans le même sens !
Quand émetteurs ou actionnaires recourent à un huissier en AG, l’AMF leur recommande d’exiger de lui qu’il précise dans son rapport l’étendue et les limites de sa mission. «Ces précisions empêcheront une utilisation inadaptée du rapport et protégeront également l’huissier», poursuit Martine Charbonnier.
Enfin, le gendarme boursier invite émetteurs et teneurs de comptes à lutter contre la facturation de frais dissuadant le vote ou l’inscription au nominatif.
Plus d'articles du même thème
-
Les lignes bougent dans les projets éoliens aux Etats-Unis
Alors qu’un tribunal fédéral a ordonné à l’administration Trump de lever le gel afférent à l’examen de parcs terrestres, RWE se désengage à son tour de l’éolien en mer dans ce pays. -
L’agrochimie soutient le bénéfice opérationnel de Bayer
Grâce à la forte baisse de ses provisions pour litiges, le groupe allemand a renoué avec un résultat net positif au deuxième trimestre 2026. -
Londres dévoile sa base de données consolidée sur les actions
La Financial Conduct Authority a publié le 31 juillet une consultation sur son projet de «consolidated tape», destiné à accroître la transparence et l'attractivité du marché des actions britanniques.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- BPCE profite du jackpot de la marge nette d'intérêt
- L’intervention conjointe pour soutenir le yen révèle un risque majeur
- Prétendant de MPS, Banco BPM devient sa cible, le Crédit Agricole reste au centre du jeu
- Bercy exige des banques un meilleur accompagnement des emprunteurs en difficulté
Contenu de nos partenaires
-
Etats-Unis : Todd Blanche, ancien avocat de Donald Trump, confirmé à la tête du ministère de la Justice
Le Sénat américain a approuvé samedi 8 août, par 50 voix contre 49, la nomination de Todd Blanche comme ministre de la Justice. Ancien avocat personnel de Donald Trump, il occupait le poste par intérim depuis le limogeage de Pam Bondi en avril -
L'ONU s'apprête à renouveler son contrat avec Palantir malgré les inquiétudes sur la protection des données
Le Programme alimentaire mondial finalise un nouvel accord de cinq ans avec l’entreprise américaine Palantir. Un audit interne de 2025 avait pourtant relevé des lacunes dans la gestion des risques et de sérieuses inquiétudes concernant la protection des données -
Affaire Lyhanna : l'audit recense des enquêtes sur les violences sexuelles sur mineurs « perdues » dans toute la France
Des procédures introuvables, des milliers de dossiers non signalés aux parquets et des enquêteurs débordés ou insuffisamment formés : un état des lieux réalisé après la mort de Lyhanna révèle de graves défaillances dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs