L’AMF épingle de nouveau un trader et un banquier pour manquement d’initiés

Condamnés à de lourdes amendes en octobre 2013 dans l’affaire Geodis, Joseph Raad et Charles Rosier sont poursuivis pour des faits comparables sur Ilog
Solenn Poullennec

Le cercle très restreint des personnes plusieurs fois mises en cause devant la Commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers s’est élargi vendredi dernier. En plus des représentants de la société Belvédère, du journaliste Nicolas Miguet ou de l’homme d’affaires Alain Duménil, il compte aujourd’hui le trader libanais Joseph Raad et son cousin Charles Rosier.

Le représentant du Collège de l’Autorité des marchés financiers (AMF) a demandé à la commission d’infliger une amende de 1,675 million d’euros à Joseph Raad, pour avoir utilisé une information privilégiée relative à l’OPA d’IBM sur l’éditeur de logiciel français Ilog en juillet 2008, alors qu’il était responsable du trading et de ventes au Crédit Libanais. L’information privilégiée lui aurait été transmise par Charles Rosier, son cousin et partenaire en affaires, qui exerçait les fonctions de responsable des activités d’émission de dette au sein de la banque conseil d’IBM, UBS. Pour ce dernier, le représentant du Collège du régulateur a proposé une sanction de 700.000 euros.

L’affaire est d’autant plus notable que les deux hommes ont été sanctionnés pas plus tard qu’en octobre dernier dans un dossier comparable. Charles Rosier a alors été reconnu coupable d’avoir transmis en 2008 des informations sur le lancement d’une OPA de la SNCF sur Geodis à Joseph Raad. La Commission lui avait infligé une sanction de 400.000 euros d’amende quand Joseph Raad avait écopé d’une amende de 14 millions d’euros, pour avoir utilisé l’information. Cette sanction record à l’encontre d’une personne physique a été justifiée par le fait que le mis en cause était un professionnel des marchés et avait réalisé un profit de plus de 6 millions d’euros.

Dans l’affaire Ilog, l’achat d’actions et de CFD aurait permis à Joseph Raad de réaliser un profit de 334.680 euros. Le mis en cause a fait valoir que son investissement n’était pas du tout atypique. La défense de Charles Rosier a expliqué qu’il n’y avait eu, ni transmission d’information privilégiée, ni détention d’une telle information.

Le représentant du Collège a également demandé une amende de 1 million d’euros minimum à l’encontre de celui qui était alors membre du département fusions-acquisitions de SAP pour avoir utilisé deux informations privilégiées, l’une relative à l’OPA d’IBM sur Ilog et l’autre relative à l’OPA de SAP sur Business Objects en 2007. Il aurait réalisé ainsi près de 233.000 et 100.000 euros de profit.

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