L’américain Mylan vient chercher en Europe des cieux fiscaux plus cléments
Voilà de quoi renforcer la colère de Barack Obama face au manque de patriotisme fiscal d’entreprises américaines n’hésitant pas à concrétiser une opération de croissance externe à l’étranger afin de transférer leur siège social et échapper aux règles d’imposition des Etats-Unis. L’assaut, pour l’instant manqué, lancé vendredi par le laboratoire pharmaceutique Mylan envers son concurrent suédois Meda a tout l’air de correspondre à cette manœuvre fiscale, baptisée «inversion» outre-Atlantique.
Alors que la loi en vigueur autorise le transfert du siège dès lors que l’opération de rachat entraîne une détention par des actionnaires étrangers supérieure à 20% du capital, le président des Etats-Unis a proposé en mars de faire passer ce seuil à 50%, contraignant de fait tout prétendant à toucher une cible plus grosse que lui par le biais d’une offre en titres. L’an dernier, toujours dans le secteur pharmaceutique, l’américain Perrigo a mis la main pour 8,6 milliards de dollars sur l’irlandais Elan, l’acquéreur reconnaissant un certain attrait fiscal à cette opération.
Mais la partie n’est aujourd’hui pas gagnée pour Mylan. Alors que ce dernier n’a pas souhaité commenter une information d’abord relayée par le Financial Times et le Wall Street Journal, le conseil d’administration de Meda a reconnu avoir été approché par le groupe américain et décidé de rejeter son offre indicative, dont les détails ne sont pas dévoilés. Les pourparlers ont bel et bien pris fin selon le conseil de Meda. A la reprise des cotations dans la foulée de ce communiqué, le titre n’en a pas moins bondi de 11%, propulsant la capitalisation à Stockholm à près de 33 milliards de couronnes, ou 3,8 milliards d’euros, signe que le marché gardait espoir.
Mylan ne fait certes pas mystère de son appétit de croissance externe, le Financial Times indiquant que le groupe était disposé à verser une «prime significative» aux actionnaires. Le premier d’entre eux, avec 22,7% du capital, est la famille suédoise Olsson, à la tête d’un groupe diversifié passant par le transport maritime ou l’immobilier, suivie par la filiale de gestion d’actifs de Sweedbank, avec 4,9% des titres seulement.
Pressenti comme prétendant au rachat d’Elan l’an dernier, Mylan semble voué comme ses principaux concurrents spécialistes des génériques à rester en quête d’acquisitions pour dénicher des relais de croissance.
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