L’américain FleetCor se renforce dans les solutions de paiement virtuel
La bonne orientation du marché des paiements électroniques suscite des convoitises. Cela semble être particulièrement le cas aux Etats-Unis où le groupe FleetCor, fournisseur de cartes carburant et de solutions de paiement destinées aux salariés des entreprises, a annoncé hier soir avoir signé un accord définitif pour racheter son concurrent Comdata, filiale de Ceridian, spécialiste de la gestion de la paie.
Le montant de la transaction a été fixé à 3,45 milliards de dollars (2,57 milliards d’euros). Conseillé par Barclays, l’acquéreur a précisé que ce rachat, payé en numéraire et en titres, se traduirait par l’émission d’environ 7,3 millions d’actions réservées à Ceridian, lui-même détenu par Fidelity National Financial et par des fonds affiliés au groupe de private equity Thomas H. Lee Partners. Les 2,4 milliards de dollars réglés en cash, qui seront financés par une nouvelle ligne de crédit, serviront à rembourser la dette existante de Comdata.
«Nous prévoyons que cette acquisition aura un effet relutif significatif sur le bénéfice de l’exercice 2015», commente le directeur financier de FleetCor, Eric Dey, en tablant sur un désendettement rapide du groupe grâce à une bonne génération de cash flow de l’entité élargie. Comme l’opération devrait être bouclée d’ici à la fin 2014, Comdata devrait apporter entre 0,5 et 0,6 dollar au bénéfice net par action dilué du groupe l’an prochain. L’acquéreur anticipe ainsi un bénéfice net consolidé estimé entre 6,25 et 6,35 dollars par action, en progression moyenne de 25% par rapport au résultat attendu pour l’exercice 2014.
Ce rachat permettra à FleetCor, déjà bien implanté dans les systèmes de paiement destinés aux entreprises, de prendre pied dans les cartes bancaires virtuelles, un segment en forte croissance. «Ceci est pour eux une acquisition transformante», juge Wayne Johnson, analyste chez Raymond James à Atlanta, en ajoutant que FleetCor «va considérablement renforcer son activité domestique».
La montée en puissance des paiements électroniques comme substitut aux paiements en chèques et en cash a entraîné une hausse de 76% du nombre de fusions et acquisistions dans ce secteur d’activité d’un an sur l’autre au premier semestre 2014, selon des données de la banque d’investissement Financial Technology Partners, la croissance externe étant principalement motivée par le souci de rester à la pointe de ces technologies émergentes.
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