L’AG d’EEM inflige une cuisante défaite à Guy Wyser-Pratte
Ancien soldat du corps des Marines américains, Guy Wyser-Pratte veut se persuader que la «guerre n’est pas finie». Pourtant, l’homme d’affaires franco-américain vient d’essuyer une sévère défaite dans la bataille pour le contrôle d’Electricité et Eaux de Madagascar (EEM). En plus de rejeter les six résolutions présentées par le concert d’actionnaires emmené par Guy Wyser-Pratte, l’assemblée générale du holding l’a révoqué du siège d’administrateur qu’il occupait depuis juin 2011.
En revanche, la victoire est incontestée pour François Gontier, le président d’EEM, qui voit son principal ennemi quitter le conseil d’administration. L’équilibre de l’AG était d’ailleurs largement en faveur de la direction d’EEM. La révocation de Guy Wyser-Pratte a été votée à 54,05%, soit un écart de plus de 150.000 titres. Ses résolutions pour nommer de nouveaux administrateurs et demander l’ouverture d’un audit indépendant sur la gestion de la société ont toutes été rejetées dans cet ordre de grandeur. La nomination au conseil de Didier Cornardeau, le président de l’Association des petits porteurs actifs, sur proposition de la direction d’EEM, a également été refusée par l’AG à 51%.
Le camp des opposants ne cachait pas sa déception après cette défaite. Le rapport de force leur était pourtant à première vue assez favorable, avec un pourcentage de droits de vote relativement proche des 25% officiellement contrôlés par François Gontier via son holding Verneuil. «Les petits porteurs ont fait pencher la balance», estime un proche de Guy Wyser-Pratte quand l’un des associés de l’homme d’affaires s’étonnait des «nombreux pouvoirs de vote reçus par la direction d’EEM». Mais tous s’interrogent maintenant sur la suite des opérations.
Détenteur de près de 500.000 actions EEM, soit 15% du capital, Guy Wyser-Pratte se trouve désormais bloqué, le marché du titre de la société étant très peu liquide. Le cours de l’action s’élevait hier à 17,78 euros, soit très légèrement au-dessus du prix de revient unitaire de Guy Wyser-Pratte de 16 euros.
Le conflit entre Guy Wyser-Pratte et François Gontier n’est pas pour autant terminé. Plusieurs plaintes pénales ont été déposées, de part et d’autre, dans ce dossier. Celles-ci n’en sont qu’au stade d’enquête préliminaire par la brigade financière mais leur passage à l’instruction pourrait relancer l’affaire.
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