LafargeHolcim table sur des synergies annuelles de plus de 1 milliard d’euros
LafargeHolcim créera plus de valeur que la somme des deux groupes», assure Bruno Lafont PDG de Lafarge. Les deux cimentiers ont surpris le marché vendredi en annonçant leur mariage «entre égaux». L’opération prendra la forme d’une OPE – 1 action Holcim pour 1 action Lafarge apportée – conditionnée à l’apport d’au moins deux tiers des titres Lafarge. Holcim détiendrait 53% du nouvel ensemble et Lafarge 47%.
La complémentarité géographique des deux cimentiers – Holcim est davantage présent en Asie-Pacifique et en Amérique latine, et Lafarge en Afrique Moyen-Orient, pour des positions similaires en Europe et en Amérique du Nord – leur permettra de limiter les risques. Aucun pays ne pèsera plus de 10% du chiffre d’affaires, et les marchés émergents – dont la croissance moyenne annuelle dans la construction est attendue à 6% par an jusqu’en 2025 – pèseront 60% de l’activité.
Ce rapprochement permettra au nouveau géant de dégager1 milliard d’euros de synergies en année pleine : 200 millions d’optimisation opérationnelle, 340 millions sur les achats, 250 millions sur les autres frais administratifs et commerciaux, et 200 millions sur l’innovation. Un objectif «crédible» pour Oddo, tandis que Natixis mise sur 900 millions. Ces synergies devraient être atteintes au bout de trois ans, dont un tiers dès la première année. Le coût de mise en œuvre de ces synergies est évalué à 1 milliard d’euros, répartis sur les deux premières années. En outre, le nouveau groupe attend 200 millions d’euros de synergies sur les frais financiers et 200 millions sur les investissements. Sans compter une baisse de 410 millions d’euros du BFR sur trois ans.
Auparavant, LafargeHolcim devra passer sous les fourches caudines des autorités de la concurrence (une quinzaine dans le monde sont concernées). Les deux partenaires ont pris les devants, et envisagent déjà des cessions pour 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont les deux tiers devraient avoir lieu en Europe.
Après cessions et synergies, le nouvel ensemble pro forma 2013 dégagerait 27 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour une marge d’Ebitda autour de 24% (20,4% publiés pour Lafarge) et un ratio dette nette sur Ebitda inférieur à deux fois (contre 3,3 fois pour Lafarge seul). Moody’s a d’ailleurs placé la note «A1» de Lafarge sous revue dans la perspective d’un relèvement, et assortit la note «Baa2» de Holcim d’une perspective négative.
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