La vente de ses mines au Canada permettrait à ArcelorMittal d’échapper à la catégorie «junk»

La cession d’un tiers du capital de ses mines au Canada rapporterait 2,2 milliards de dollars, de quoi atteindre l’objectif de désendettement de 5 milliards
Olivier Pinaud

Mise sous pression par la dégradation des résultats et les agences de notation, la direction d’ArcelorMittal s’active pour éviter une dégradation du groupe dans la catégorie «junk». Le sidérurgiste serait ainsi prêt à ouvrir le capital de ses mines de fer canadiennes, considérées par Morgan Stanley comme son plus bel actif minier.

Selon le bureau d’analyses, ArcelorMittal Mines Canada (ex-Québec Cartier Mining) pourrait générer 1,3 milliard de dollars d’Ebitda en 2013, aux cours actuels du minerai de fer. Avec un multiple valeur d’entreprise sur Ebitda de 5 fois, prudent compte tenu des niveaux de valorisation de Rio Tinto ou de BHP (6,4 et 8 fois respectivement), la filiale serait valorisée 6,5 milliards de dollars, estime Morgan Stanley. La cession d’un tiers du capital rapporterait ainsi environ 2,2 milliards à ArcelorMittal.

Selon différentes sources, des discussions ont été ouvertes avec plusieurs groupes asiatiques. Ces derniers pourraient profiter de cette ouverture partielle et minoritaire du capital pour se positionner dans le pays avec l’espoir d’obtenir plus facilement le sésame de l’Investment Canada Act, la procédure d’examen des investissements étrangers. Les autorités canadiennes regardent actuellement attentivement l’offre du chinois Cnooc sur Nexgen. ArcelorMittal, qui ne fait pas de commentaire, est conseillé par RBC et Goldman Sachs. Les négociations pourraient aboutir d’ici à la fin de l’année.

S’il a, jusqu’à présent, cédé uniquement des actifs «non stratégiques», pour un montant de 2,7 milliards de dollars depuis le début de l’année, ArcelorMittal n’a plus d’autre choix aujourd’hui que de mettre en vente des unités centrales pour son modèle. Déjà rétrogradée par S&P en août dernier, le sidérurgiste ne doit plus son salut qu’à la décision de Moody’s, encore juste un cran au-dessus de la zone «spéculative».

Le défi fixé par l’agence est relativement clair: réduire la dette de 5 milliards de dollars avant la fin du premier semestre 2013, échéance à laquelle le groupe pourrait briser son covenant de «leverage», fixé à 3,5 fois la dette nette sur l’Ebitda. Ajoutées aux précédentes cessions, l’ouverture partielle du capital d’ArcelorMittal Mines Canada, et la récente émission d’une obligation perpétuelle subordonnée pour un montant de 650 millions de dollars, permettraient au sidérurgiste d’atteindre son objectif.

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