La «TVA sociale» pénalisera surtout les entreprises de biens de consommation

Ces secteurs devraient peu bénéficier de l’allègement du coût de travail et pourront difficilement augmenter leur prix
Bruno de Roulhac
Illustration: Fotolia
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Attendue depuis plusieurs semaines, la «TVA sociale» a été dévoilée dimanche soir par le président Sarkozy. A compter du 1er octobre prochain, la TVA sera relevée de 1,6 point, passant ainsi à 21,2%, afin d’alléger en retour le coût du travail et de soutenir la compétitivité française.

Tous les secteurs de la consommation (automobile, distribution, alimentation, boisson, loisirs,…) devraient être les grands perdants de cette réforme, notait déjà Cheuvreux mi-janvier. D’une part, bien que ces sociétés aient une part significative de leurs effectifs en France, le bureau d’analyse estime qu’il s’agit en grande partie de faibles salaires – en particulier dans la distribution et dans les usines automobiles – sur lesquels les charges sociales sont limitées. D’autre part, ces mêmes secteurs sont déjà hautement concurrentiels et il leur est très difficile d’accroître leurs prix. «Dans le contexte actuel de consommation déprimée (mesures d’austérité, pression sur le revenu disponible, etc.), nous voyons un risque majeur de baisse des volumes», conclut Cheuvreux.

Le luxe apparaît néanmoins comme une exception au sein de la consommation. Non seulement les acteurs du luxe ont une forte capacité à augmenter les prix, mais encore, pour des groupes comme LVMH, la part du marché français dans le chiffre d’affaires global est de plus en plus limitée avec l’exposition croissante aux marchés émergents.

En revanche, les secteurs gagnants pourraient être «la défense et l’aéronautique (avec une grande partie des salariés en France et exportateurs), les services aux collectivités (en supposant l’absence d’interventionnisme politique les empêchant d’augmenter les prix) ou les banques (un secteur où les salaires sont élevés), poursuit le bureau d’analyse. Par ailleurs, en supposant que la TVA sociale ait un impact très positif sur le marché du travail en France (ce dont nous doutons), le secteur des entreprises de services (comme Sodexo ou Edenred) pourrait être perçu comme un gagnant potentiel».

L’effet devrait également être «légèrement» positif pour les fournisseurs de logiciels et services informatiques, avec des frais de personnel réduits et pratiquement aucun impact sur les volumes en BtoB. Les services médicaux, comme Medica et Korian, devraient également bénéficier de la réforme, grâce à une capacité élevée à augmenter les prix, avec un impact qui devrait être limité sur les volumes, selon Cheuvreux.

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