La trésorerie record de Siemens suscite interrogations et convoitises
C’est l’un des plus beaux matelas de trésorerie de l’industrie européenne. Au 31 mars dernier, Siemens disposait d’une réserve de liquidités de 14,9 milliards d’euros, ce qui limitait sa dette nette à 3,8 milliards d’euros, soit à peine 12% de ses fonds propres. La cagnotte du groupe allemand devrait encore gonfler dans les prochains mois avec le produit de l’introduction en Bourse d’Osram ou la cession de Nokia Siemens Networks. De quoi susciter un grand nombre d’interrogations sur l’utilisation de cette trésorerie.
Prudent jusque-là, Siemens pourrait se lancer dans une série d’acquisitions, alors que ses concurrents, General Electric ou Schneider Electric, multiplient les opérations depuis quelques mois. Le groupe n’a dépensé que 1,5 milliard d’euros depuis 2007 et le rachat de Dade Behring Holdings. Peter Löscher, le PDG de Siemens, a indiqué en mai que le groupe «avait sa liste» de cibles potentielles. Le prix de ces entreprises pourrait s’élever entre 1 et 5 milliards d’euros, a précisé son directeur financier, Joe Kaeser.
Au regard de l’histoire de Siemens, la pause de ces dernières années constitue de toute façon une anomalie. Entre 2003 et 2008, le conglomérat allemand avait fait pour 20 milliards d’euros d’acquisitions. Dans une note publiée le 9 juin, les analystes de RBS chiffrent d’ailleurs à 15 milliards d’euros l’enveloppe que pourrait consacrer le groupe aux achats d’ici à 2013. «Le risque d’acquisitions reste élevé», s’inquiétait récemment Natixis. Dade Behring Holdings, la première acquisition du PDG actuel, a laissé de mauvais souvenirs. Elle est à l’origine de la dépréciation d’actifs de 1,4 milliard d’euros enregistrée lors du dernier exercice.
Pourtant, même si elle est lancée, cette chasse aux acquisitions ne suffira pas à régler le «problème» de cash de Siemens. En dessous de 0,4 fois l’Ebitda, son ratio d’endettement actuel est inférieur à son objectif de moyen terme, compris entre 0,5 et 1 fois. En supposant qu’il remonte à 0,8 fois, le groupe dispose d’une marge d’endettement supplémentaire de l’ordre de 4 milliards. Ce qui fait penser aux analystes que Siemens pourrait, en plus de ses acquisitions, distribuer un dividende exceptionnel. RBS l’estime à 10 euros par action en trois ans. L’action offrirait alors un rendement record pour le secteur de 15%.
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