La tension sur les composants électroniques japonais pourrait faire boule de neige
Le Japon assure 20% de la production mondiale de semi-conducteurs. L’arrêt de nombreuses chaînes de production dans le nord-est du pays est donc susceptible d’avoir des conséquences étendues sur l’ensemble de la filière technologique. Au-delà de l’impact direct sur les sites localisés dans la zone du séisme, «l’approvisionnement de certains composants de la chaîne logistique pourrait être menacé par les coupures d’électricité répétées et durables», relèvent les analystes d’Exane BNP Paribas.
S’il est trop tôt pour tirer une conclusion définitive à ce sujet, le courtier estime que «les fabricants européens de microprocesseurs (STMicroelectronics, Infineon) réalisent environ 5% de leur chiffre d’affaires au Japon». L’exposition du britannique ARM est deux fois plus importante et il dispose d’une production locale. Les fabricants américains génèrent en moyenne 10% de leur activité au Japon, Texas Instruments étant le seul d’entre eux à disposer d’unités de production sur l’Archipel, partiellement endommagées par le séisme.
Toshiba, l’un des fournisseurs de mémoires flash NAND, a brièvement fermé une de ses usines en prévenant qu’il pourrait être confronté à des difficultés de distribution de ses produits. Les fournisseurs d’autres composants dont les usines n’ont pas été touchées devraient eux être affectés «par des problèmes logistiques, comme des difficultés à se procurer les matières premières et à livrer les produits finis», selon une étude du cabinet IHS iSuppli.
Ce cabinet estime que plusieurs composants clés de l’iPad2 d’Apple lancé voici dix jours aux Etats-Unis devraient être concernés, «notamment la batterie et la mémoire flash». Alors que la nouvelle tablette, dont le lancement dans l’Archipel a été repoussé, est déjà en rupture de stocks outre-Atlantique, ces retards entraîneraient un manque à gagner sur les ventes. Les conséquences négatives devraient s’étendre aux fabricants de téléphones mobiles et de PC, même si le recours à des fournisseurs alternatifs peut constituer un remède partiel.
Dans les infrastructures télécoms, «les livraisons et la reconnaissance du chiffre d’affaires pourraient être plus problématiques à partir du deuxième trimestre pour un acteur comme Alcatel-Lucent», avance Oddo Securities. Le courtier craint une pression sur le BFR et l’entrée dans un nouveau cycle de pénurie de composants alors que le groupe avait déjà été lourdement pénalisé en début d’année dernière.
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