La taille et la fréquence des transactions sont déterminantes pour les acquéreurs
Afin de mieux évaluer l’impact des opérations de fusions et acquisitions des sociétés cotées sur leur création de valeur, le cabinet de conseil Bain a mené dans 13 pays une enquête approfondie sur plus de 1.600 entreprises ayant effectué plus de 18.000 transactions entre 2000 et 2010. Battant en brèche l’idée selon laquelle un développement organique est toujours préférable à la croissance externe, les principaux résultats de cette étude montrent que la fréquence des transactions et leur taille cumulée par rapport à la valeur boursière des acquéreurs jouent un rôle essentiel dans ce domaine.
Alors que la performance boursière (dividendes réinvestis) des sociétés de l’échantillon n’ayant réalisé aucune transaction sur la période s’est élevée à 3,3% en moyenne annuelle, le rendement total pour les actionnaires (Total Shareholder Return ou TSR) a atteint 4,5% pour les sociétés ayant effectué entre une et six acquisitions et 5,1% au-delà de six. Cela s’explique par un effet d’expérience qui permet de générer davantage de synergies liées à l’intégration des sociétés acquises. Plus efficace dans la phase de due diligence, ce type d’acquéreur «sait exactement dans quel domaine il est susceptible d’apporter de la valeur ajoutée et il sera capable de se désister si le prix de la transaction lui semble inadéquat».
L’autre source de surperformance provient des sociétés ayant mené des opérations dont la taille dépasse 75% de leur capitalisation boursière. Ces acquéreurs ont affiché sur la période un TSR de 5,6%, contre une performance moyenne de 4,6% pour les prédateurs ayant mis l’accent sur des cibles de plus petite taille. Le cas le plus risqué est néanmoins celui des sociétés effectuant moins d’une opération par an tout en privilégiant des cibles de taille importante car ceci correspond davantage à un pari qu’à une stratégie d’investissement disciplinée. «Si le cœur de l’activité d’une entreprise est faible, il est peu probable qu’une opération importante suffise à la redresser», commentent les analystes de Bain.
Par rapport au TSR annuel moyen de 4,5% de l’ensemble de l’échantillon, les sociétés dont les transactions sont à la fois fréquentes et importantes sont les plus créatrices de valeur, avec une surperformance relative de 1,9 point. Le cabinet de conseil classe notamment dans cette catégorie le brasseur Anheuser-Busch InBev ou l’équipementier Schneider Electric.
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