La stratégie du Club Méditerranée porte ses fruits
Une fois n’est pas coutume, Club Méditerranée a clôturé hier en tête du SBF 120 (+5,11% à 16,13 euros) après la publication de résultats semestriels au-dessus des attentes du marché.
Malgré la crise nucléaire au Japon et les soulèvements au Proche-Orient et au Maghreb, le groupe de loisirs a enregistré une hausse de 11% de son chiffre d’affaires à 754 millions d’euros. Sur la période, le revenu par lit disponible (RevPab) croît de 5,5%, à la faveur d’une hausse de 2,2% du prix moyen de la journée hôtelière à 154 euros, et à l’amélioration de 2,4% du taux d’occupation à près de 70%. L’Ebitda (excédent brut d’exploitation) progresse de 30% à 80 millions, soit une marge de 10,7% (+1,6 point), permettant au groupe de confirmer facilement son objectif de 10% de marge sur l’ensemble de l’exercice. «Le regain de pricing power du groupe crédibilise la poursuite de la restructuration et renforce les espoirs d’effets de levier significatifs», estime Oddo, relevant son objectif de cours de 16,5 à 18,5 euros.
Des résultats qui confirment la stratégie de montée en gamme, avec une croissance de 22% du nombre de clients 4 et 5 tridents (+7% pour l’ensemble des clients). Sur la saison hiver, 72% des clients ont choisi les 4 et 5 tridents, contre seulement 50% quatre ans auparavant. De plus, le Club gagne des parts de marché dans le monde, notamment sur le marché concentré et très concurrentiel du Royaume-Uni, avec une hausse de 16% des ventes contre 2% pour le marché.
«L’avance prise sur l’hiver pourrait permettre de compenser les effets défavorables sur l’été des événements connus à ce jour», commente Henri Giscard d’Estaing, PDG du Club Med. En effet, les perspectives estivales sont contrastées. Si au 4 juin, les réservations sont en avance de 5,4%, elles affichent un recul de 6,8% sur les quatre dernières semaines. Si le ralentissement est «significatif [les réservations] restent en hausse, note Oddo. Nous attendions -2%». CA Cheuvreux estime même que les ventes progresseront légèrement, de 2%, au second semestre. Pour sa part, Gilbert Dupont table sur une stabilité des ventes à 663 millions d’euros. En revanche, Kepler confirme son opinion négative sur le titre, estimant que les performances meilleures qu’attendu du premier semestre seront effacées par les performances opérationnelles du second semestre, qui «devraient être fortement affectées» par les événements en Afrique du Nord et au Japon.
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