La spéculation monte d’un cran autour de l’avenir de Peugeot
L’Autorité des marchés financiers s’impatiente. L’AMF souhaiterait que Peugeot communique «dès que possible» sur les rumeurs d’augmentation de capital et de partenariat avec General Motors qui enflamment l’action du constructeur automobile depuis quelques jours. Hier, le cours a gagné jusqu’à 9,5%, puis a perdu près de 3,5%, avant de finir quasiment stable avec plus de 4,6% du capital échangé.
Selon le Wall Street Journal et Bloomberg, Peugeot envisagerait de procéder à une augmentation de capital d’un milliard d’euros. Elle serait en partie réservée à GM, ce qui donnerait au constructeur américain 7% du capital après la levée de fonds. L’opération serait suivie par la famille Peugeot pour éviter toute dilution. Elle détient 30,3% du capital et 46,26% des droits de vote. Les deux groupes n’ont souhaité faire aucun commentaire.
Selon plusieurs analystes, l’augmentation de capital permettrait de sceller l’accord industriel envisagé entre les deux groupes, mais elle ne réglerait pas les problèmes de fond de Peugeot. Certes, le groupe a brûlé 1,6 milliard d’euros de cash-flow en 2011 et porte un endettement net de 3,3 milliards d’euros. L’année 2012 sera d’ailleurs consacrée prioritairement à la restauration du bilan. Mais le point noir reste la sous-utilisation de ses usines en Europe. Fin 2011, elles ne tournaient qu’à 86%, en dessous du seuil critique de 90%. Selon les calculs de JPMorgan, chaque amélioration d’un point du taux d’utilisation des lignes de Peugeot en Europe ajouterait 30 millions d’euros de résultat d’exploitation.
En supposant que le taux remonte à 100% avec l’aide de GM, le groupe pourrait ainsi gagner 0,4 milliard de résultat d’exploitation. Il pourrait aussi profiter des économies d’échelles dans les achats: 2% d’économies sur sa facture actuelle rapporteraient 0,3 milliard. Avec ces synergies, la marge d’exploitation 2011 pourrait ainsi remonter à 2%, alors qu’elle était légèrement négative en 2011, mais cela pourrait prendre deux ou trois ans, indique JPMorgan.
Mais selon les quelques indiscrétions qui circulent actuellement, l’accord avec GM, également en difficultés en Europe avec Opel, ne prévoirait pas d’action immédiate sur le taux d’utilisation des usines. D’où les interrogations persistantes sur l’intérêt d’une simple opération capitalistique.
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