La société pétrolière OGX file tout droit vers une restructuration de sa dette
Eike Batista est au bord du gouffre. Après une chute de l’action de son groupe pétrolier phare OGX de 18% ce matin, après celle de 19,64% mardi et de 29,11% lundi, le milliardaire brésilien a même engagé sa fortune personnelle pour garantir des lignes de crédit de 2,3 milliards de réaux (790 millions d’euros) auprès de la banque publique d’investissement brésilienne (BNDES). OGX a entrainé les autres sociétés du groupe EBX dans la tourmente avec une chute hier de 17,29% des actions de sa compagnie minière MMX, et de 11,24% pour celles de son entreprise de logistique LLX. Depuis le 1er juillet, les six sociétés cotées du groupe ont ainsi perdu un milliard de dollars en capitalisation boursière, alors que l’action OGX cède 91% depuis le début de l’année.
L’annonce faite par OGX lundi qu’elle ne disposait pas des technologies nécessaires pour augmenter la production de ses trois puits du champ Tubarao Azul, considéré jusqu’ici comme sa pépite, a précipité les rumeurs de restructuration imminente de sa dette. Sur fond de problèmes géologiques d’exploitation des champs pétroliers au Brésil, S&P a dégradé la note de la société de «B- » à «CCC», et conserve une perspective négative, s’inquiétant notamment de sa capacité à rembourser sa dette de 4 milliards de dollars, avec une trésorerie qui fond. Barclays estime que ses disponibilités pourraient chuter de 1,1 milliard de dollars à fin mars, à 150 millions à la fin de l’année.
Le prochain coupon sur les 2,6 milliards de dollars d’obligations de maturité 2018 est à payer en décembre et celui sur les obligations 2022 en octobre. Credit Suisse estime la valeur totale des actifs du groupe à 2 milliards de dollars, ce qui ne permet pas de couvrir la dette de la société. «Le fait qu’OGX a garanti 40% de sa participation dans le champ de Tubarao Martelo et 20% du champ BS-4 à Petronas réduit d’autant la valeur des créances en actions et obligations en cas de liquidation», ajoute Credit Suisse.
Hier, les investisseurs étaient prêts à céder leurs obligations 2018 à 19 cents par dollar, soit 75 cents de moins que trois jours auparavant. De quoi lessiver intégralement les créanciers d’OGX, selon Barclays. La BNDES est la plus exposée, avec une créance totale de 10,4 milliards de réaux sur l’ensemble des sociétés du groupe, et de 4,9 milliards sur la seule OGX. La banque Itau Unibanco détiendrait également 5,5 milliards de créances et Eike Batista aurait emprunté 4,8 milliards à Banco Bradesco et 1,6 milliard à BTG Pactual, qui aurait même annulé une ligne d’un milliard, selon Bloomberg.
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