La situation financière de RFF se tend davantage chaque année
A l’occasion de la présentation de ses résultats annuels, Réseau Ferré de France (RFF) a souligné la difficulté de son équation financière. Si la dette nette de RFF a légèrement reculé de 27,8 à 27,4 milliards d’euros en fin de période «grâce à une évolution favorable mais non récurrente du besoin en fonds de roulement», et que son coût moyen se maintient quasi stable à 4,30%, contre 4,25% en 2009, sa charge consomme l’essentiel des ressources du groupe.
Sur 2,3 milliards d’euros de cash flow net opérationnel dégagés l’an dernier (-3,2%), près de 1,2 milliard est consacré à la charge de la dette. Et le 1,1 milliard d’euros restant est «nettement insuffisant pour financer la rénovation du réseau ». Hubert du Mesnil, président de RFF, a rappelé qu’il faudrait 2 milliards d’euros pour que la modernisation du réseau se fasse «à un bon rythme». Aussi, structurellement, il manque 1 milliard pour équilibrer le financement du réseau.
La situation s’est aggravée. En 2010, il manquait 610 millions d’euros pour rénover le réseau contre 410 millions l’année précédente. Un mouvement qui devrait s’accentuer puisque le programme de renouvellement n’est pas encore au niveau cible d’une part, et puisque les frais financiers sont encore particulièrement bas d’autre part. Le coût de la dette était supérieur à 5% en 2007 et 2008, avec une charge financière de plus de 1,35 milliard d’euros.
En attendant, RFF profite de sa signature «AAA» assortie d’une perspective stable par les trois principales agences de notation pour s’assurer un financement de long terme. L’an dernier RFF a émis 3,3 milliards d’euros, à travers 26 opérations, d’une maturité moyenne de 17 ans, et avec un taux fixe moyen de 3,05%. Emissions souscrites essentiellement en France (29%), en Suisse (24%) et au Royaume-Uni (21%); et libellées en euro (42%), sterling (20%) et franc suisse (20%).
En attendant, «2011 est une année charnière en matière de qualité de service et de mise en place des nouveaux horaires de circulation en décembre prochain», rappelle Hubert du Mesnil. RFF en profite pour annoncer le lancement d’un observatoire de la régularité, après la dégradation de la circulation l’an dernier. Cette année devrait également voir la signature de partenariats public-privé (PPP) pour la LGV Tours-Bordeaux, et la LGV Rennes-Le Mans. Le PPP du contournement de Nîmes et de Montpellier sera aussi prochainement lancé.
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