La SEC songe à faire évoluer le rôle des agences de conseil aux investisseurs
Après un statu quo de 14 ans, la Securities and Exchange Commission (SEC) a décidé de se pencher à nouveau sur le rôle des sociétés de conseil aux investisseurs pour les votes en assemblée générale. Le gendarme boursier américain a en effet indiqué mi-septembre qu’il allait réexaminer la position adoptée en 2004 vis-à-vis de ces intermédiaires (proxy advisors). La SEC organisera à cet effet en novembre prochain une consultation avec l’ensemble des parties prenantes.
En 2004, dans des courriers adressés aux deux principaux intervenants de ce marché, Egan-Jones Proxy Services et Institutional Shareholder Services (ISS), la SEC avait considéré que les gestionnaires d’actifs (investisseurs institutionnels, sociétés de gestion) pouvaient s’appuyer sur ces agences pour déterminer leur vote sur les sujets de gouvernance. De nombreux observateurs avaient alors fait part de leur inquiétude face aux risques de conflits d’intérêts et au manque de transparence de ces sociétés qui n’ont à l’heure actuelle pas d’obligations fiduciaires envers les actionnaires.
Sans attendre d’avoir adopté une nouvelle doctrine, le régulateur américain a fait savoir que les lettres adressées à Egan-Jones et à ISS étaient désormais caduques et que le retrait de ces courriers était destiné à «faciliter les discussions concernant le processus de vote par procuration et la participation des actionnaires individuels». Le président de la SEC, Jay Clayton, a précisé que les positions de l’institution, publiées sous la forme de courriers, constituaient de simples observations qui n’avaient pas de valeur réglementaire.
Réagissant aux déclarations du régulateur américain, la société de conseil aux investisseurs Glass Lewis a souligné que «la législation n’a pas changé dans ce domaine» et qu’elle veillait pour sa part à respecter à la lettre les directives des gestionnaires d’actifs en matière de vote par procuration. Dans un souci de transparence, elle a aussi fait le choix «de ne pas fournir de services de conseil aux émetteurs de titres». Le président de la commission des services financiers de la Chambre des représentants, Jeb Hensarling, a de son côté salué la décision de la SEC, qui permettra selon lui d’améliorer les pratiques existantes et de faciliter l’arrivée de nouveaux acteurs sur ce marché qu’il a qualifié de «duopolistique».
Plus d'articles du même thème
-
La transmission d’entreprise pâtit de la procrastination du dirigeant
Le baromètre Grant Thornton souligne que la déstabilisation des équipes est perçue comme le risque principal d’une opération insuffisamment préparée. -
Heineken opte pour une direction hors-les-murs pour tonifier ses ventes
Le brasseur nomme Rafael Oliveira, en tant que nouveau PDG. Avec le choix de ce profil externe, issu du secteur du café, le néerlandais espère trouver la bonne recette de sa relance commerciale. -
Bernie Sanders veut taxer les géants de l'IA pour créer un fonds souverain de 7.000 milliards de dollars
Le sénateur indépendant du Vermont a déposé un texte de loi instaurant une taxe ponctuelle de 50 % en actions sur les grandes entreprises d'intelligence artificielle. Il deviendrait potentiellement le plus grand fonds souverain au monde. L'idée promeut un partage de la richesse alors que les éditeurs eux-mêmes anticipent des destructions d'emplois à cause de leur technologie.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreIl n’a jamais été aussi urgent de jouer collectif - par Jean-Roch Varon
Alors que le monde vacille sous des crises multiples, le recours à l’intelligence artificielle ne suffit pas à garantir le progrès ; seule une intelligence collective diversifiée et inclusive peut relever ce défi inédit -
TribuneLe véritable progrès naît de la rencontre entre héritage et innovation – par Laurent Ladrange
Pour bâtir un avenir stable, il faut repenser le progrès non comme une rupture mais comme un dialogue entre savoirs anciens et innovations -
Histoire d'eauDérèglement climatique : le fleuve Indus remet le feu aux poudres entre le Pakistan et l'Inde
Islamabad craint les conséquences dévastatrices du phénomène El Niño, et remet sur la table la question du traité de partage des eaux avec son voisin