La responsabilité pénale des personnes morales monte en puissance
Face à la diversité des risques pénaux pesant sur les personnes morales dans le monde, Clifford Chance a dressé un état des lieux. Hors du Royaume-Uni et des Pays-Bas, le concept de responsabilité pénale des entreprises est relativement nouveau, souligne Clifford Chance. La France a été pionnière en introduisant ce concept dès 1994.
Puis, «les évolutions ont été très rapides en Europe, et désormais nos voisins anglais, italiens, espagnols ont un droit plus moderne que le nôtre sur ce terrain, explique Charles-Henri Boeringer, avocat chez Clifford Chance. Les entreprises peuvent se défendre, voire être totalement exonérées de leur responsabilité, en démontrant qu’elles ont mis en place des mesures de prévention et un programme de conformité ».
La France n’a pas la même approche. «Chez nous, la responsabilité pénale reste fondamentalement personnelle. Il faut démontrer la faute d’un organe social ou d’un représentant, et donc prouver que l’infraction était au moins connue au plus haut niveau de l’entreprise. Mais dans les faits, cette faute est difficile à prouver et les condamnations des personnes morales en matière d’infractions intentionnelles (telles que la corruption) restent rares», ajoute Charles-Henri Boeringer. D’où la réforme demandée par le procureur national financier, Eliane Houlette. «Parmi les dix plus fortes amendes infligées par le DoJ américain sur le fondement du Foreign Corrupt Practices Act, trois concernaient des sociétés françaises, ce qui n’est peut-être pas sans lien avec la rareté des poursuites en France en matière de corruption», s’interroge Charles-Henri Boeringer.
Globalement, Clifford Chance constate un mouvement général de rationalisation du droit pénal des affaires en Europe. Une exception majeure demeure, l’Allemagne, où la responsabilité pénale des entreprises est considérée contraire à ses principes juridiques. Pour l’heure, «l’Allemagne ne sanctionne que sur des manquements administratifs, même si des projets d’introduction d’une responsabilité morale ont déjà été discutés, mais sans succès», explique Charles-Henri Boeringer.
Ces risques pénaux, «devenus des enjeux majeurs, sont de mieux en mieux intégrés par les entreprises, poursuit Charles-Henri Boeringer. Ils sont désormais traités au niveau du conseil d’administration, ce qui n’était pas le cas dix ans plus tôt. Parallèlement des ressources supplémentaires sont allouées aux problématiques de conformité».
Plus d'articles du même thème
-
TPT devient le deuxième superfund britannique à passer l'évaluation du régulateur
TPT Retirement Solutions a levé du capital pour reprendre des régimes de retraite à prestations définies dont l'employeur historique souhaite se défaire. -
Emmanuel Macron était à Doha pour le sommet du Club des fonds souverains pour la planète
Ce point d’étape dans l’agenda du président français a été l’occasion de réaffirmer les engagements des participants pour répondre aux défis structurels de l’économie mondiale. -
Le marché de l’assurance appréhende un nouveau week-end de troubles
Alors que de nouvelles mobilisations contre la vie chère se profilent le week-end du 24 octobre malgré l’interdiction de manifester dans certaines villes, les assureurs ne veulent pas avoir à gérer les conséquences de nouveaux débordements. Le caractère répétitif, simultané et concentré des dommages pouvant conduire à l’inassurabilité de ces risques.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- La retraite par capitalisation cherche sa forme avant la présidentielle
Contenu de nos partenaires
-
Octobre rouge« Si on ne casse pas, on n’obtient rien » : cette jeunesse séduite par la violence
Mûs par une haine de la police, une fascination pour LFI ou une culpabilité de « privilégiés », des lycéens et étudiants jugent que la casse est un dommage collatéral d’une « colère légitime » -
Chasse aux sorcières« Du maccarthysme à l’ancienne » : comment la rhétorique de Lecornu fait les affaires de Mélenchon
A force de voir l’ombre de LFI partout, sans jamais reconnaître ses propres manquements, le chef du gouvernement achève de dresser toute la gauche contre lui -
EditorialFermeté de la justice avec les émeutiers : assez de cris d’orfraie !
Les mêmes qui s’indignent immanquablement des attaques contre les « juges rouges » sont tout à coup bien prompts à accréditer l’idée d’une justice aux ordres