La résistance de Balfour Beatty a eu raison de l’obstination de Carillion
Carillion ne lancera pas d’offre sur Balfour Beatty. Après plusieurs semaines d’efforts infructueux pour tenter d’ouvrir des discussions, la direction du groupe d’ingénierie et de construction a renoncé hier, 24 heures avant l’ultimatum officiel. Selon la régle des marchés britanniques du «put up or shut up», Carillion ne pourra pas faire d’offre sur sa cible pendant 6 mois.
Ce renoncement était attendu face à l’obstination farouche dont à fait preuve le conseil d’administration de Balfour Beatty contre ce projet de rapprochement. Ce dernier avait refusé de reporter la date butoir du 21 août, contrairement à ce qu’avait demandé Carillion en espérant pouvoir ouvrir des discussions. Le groupe avait bien tenté d’amadouer sa cible en relevant par trois fois sa proposition. Mais il avait à chaque fois reçu une fin de non-recevoir de la part de Balfour Beatty. Hier encore, avant le renoncement de Carillion, le conseil du groupe de construction avait réaffirmé son opposition, après avoir consulté ses principaux actionnaires, tous des investisseurs institutionnels, fonds ou assureurs.
Selon Balfour Beatty, le projet de Carillion faisait peser trop de risques financiers et opérationnels. D’une part, il aurait réduit l’exposition au marché britannique au moment où celui-ci est censé redémarrer. D’autre part, Balfour Beatty s’alarmait de la volonté de Carillion de conserver au sein du périmètre la filiale américaine d’ingénierie Parsons Brinckerhoff, ce qui aurait remis en cause le plan de redressement actuel.
Dévoilée mardi, la troisième proposition de Carillion valorisait Balfour Beatty 2,1 milliards de livres (2,625 milliards d’euros), soit 200 millions de plus que la précédente, avec une prime de 36% par rapport au cours de Bourse avant que les discussions ne soient révélées. Ce projet donnait 58,3% du capital de la société fusionnée aux actionnaires de Balfour Beatty, quasiment deux points de plus que dans la deuxième version. Carillion avait également confirmé sa volonté de distribuer un dividende de 8,5 pence par action Balfour Beatty.
Le dossier Balfour Beatty n’est pas pour autant totalement refermé. A la tête du groupe depuis seulement 13 mois, l’ancien directeur général a démissionné en mai dernier après deux avertissements sur les bénéfices en deux mois. Le président Steve Marshall assure toujours l’intérim.
Plus d'articles du même thème
-
Les tensions au Moyen-Orient pèsent à nouveau sur les marchés
Les nouvelles attaques sur l’Iran provoquent une hausse du pétrole. Les taux poursuivent leur hausse entamée vendredi après les chiffres de l’emploi américain. Les actions, notamment technologiques, chutent. -
M6 s'enflamme sur de nouvelles rumeurs de rachat par TF1
Le groupe d'audiovisuel bondit de près de 8 % lundi en fin de matinée sur fond d'intérêt renouvelé de la part de prétendants, parmi lesquels TF1 et la famille Saadé. -
Le choc démographique invite à mener enfin les réformes urgentes
A l'heure où l'Insee évoque un recul de la population française à l'horizon 2070, le virage démographique impose de ne pas négliger les conséquences économiques. Les champs de réformes qu'il induit sont nombreux, du budget à l'éducation en passant par les enjeux migratoires et intergénérationnels, estime José Bardaji, économiste chez BPCE
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- Berkshire Hathaway mise sur la promotion immobilière résidentielle
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
Contenu de nos partenaires
-
RuptureDepuis le 7 octobre 2023, Mélenchon n'incarne plus une « gauche digne et crédible », estime Jérôme Guedj
Jérôme Guedj pointe la stratégie opportuniste de Jean-Luc Mélenchon. Il estime que la gauche n'est plus seulement fracturée mais « fracassée de manière hallucinante » -
Affaire Lyhanna : la recherche du bouc émissaire
Dans un climat d’indignation politique, la justice française est pointée du doigt pour un dysfonctionnement structurel. L'absence chronique de moyens humains doit aussi être interrogée -
Un coup d'avanceFace à la Chine, Taïwan veut faire des drones un atout stratégique
Conscientes du rôle crucial de ces armes dans les récents conflits, les autorités de Taipei se positionnent comme un acteur incontournable de ce secteur