La rentabilité de Seb restera bridée par la morosité de l’Europe en 2013
Après deux années de forte croissance, Seb a été rattrapé en 2012 par la faiblesse de la consommation en Europe (36% de ses ventes) et par le ralentissement chinois. En dépit d’un bon contrôle des coûts d’achat et des frais généraux, un effet devises négatif combiné à une orientation défavorable du mix-prix et des volumes ont abouti à une baisse de 8,4% de son résultat opérationnel d’activité à 415 millions d’euros. Cet agrégat correspond à un résultat d’exploitation récurrent hors intéressement et participation. Le chiffre d’affaires de 4,06 milliards s’est érodé de 0,9% à périmètre et change constants. Le cours de l’action a décroché hier de 3,5%, à 58,9 euros.
La chute de 17,2% du bénéfice net à 194 millions est amplifiée par un résultat financier négatif de 63 millions, malgré un taux de financement «sensiblement allégé». Ceci provient d’une hausse de la dette moyenne du spécialiste du petit électroménager, suite à l’acquisition fin 2011 de 20% supplémentaires au capital du chinois Supor; s’y ajoute «une provision pour dépréciation de titres de 25 millions concernant la société indienne Maharaja Whiteline», dont Seb a pris 55% du capital en décembre 2011 mais qu’il n’a pas consolidé en raison «d’une fiabilité insuffisante des chiffres à fin 2012».
La dette nette au 31 décembre dernier a néanmoins reculé de 17,5% à 556 millions, principalement grâce à une trésorerie d’exploitation de 192 millions qui représente «la meilleure performance de ces 3 dernières années», souligne le groupe français. Son ratio d’endettement net sur capitaux propres est tombé à 38% fin 2012 contre 49% fin 2011, la dette nette étant inférieure à 1,2 fois l’excédent brut d’exploitation contre un ratio de 1,3 fois un an plus tôt.
Le conseil d’administration de Seb propose de verser un dividende de 1,32 euro par action au titre de l’exercice écoulé, en hausse de 5,6%. S’il mise sur un environnement davantage porteur en Chine où il réalise 15% de son chiffre d’affaires, le groupe n’en reste pas moins prudent pour 2013 en raison d’un contexte européen toujours difficile. Il se fixe ainsi comme objectifs «de renouer avec la croissance organique de ses ventes, de consolider ses positions sur les marchés et de préserver le niveau de son résultat opérationnel d’activité».
Plus d'articles du même thème
-
Les rétrocessions de la colère, ou comment jouer à se faire peur
Les décisions de la commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers (AMF) font peser le risque d’une sur-formalisation des pratiques, qui les rendraient éloignées de la réalité de l’amélioration du service rendu. -
La tokenisation change d’échelle
Passant de l’expérimentation à l’infrastructure de marché, la tokenisation gagne ses galons auprès des institutions financières, notamment chez les gestionnaires d'actifs, estime Djamila Cosme-Bayoud, directrice France de Broadridge. Mais des freins demeurent. -
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Generali Investments prépare une entrée stratégique sur le marché européen des ETF actifs avec un déploiement coordonné entre ses filiales dès 2026
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
G7 à Évian : la Suisse réclame à la France une participation aux frais de sécurité
La Suisse reproche à la France de lui laisser assumer seule les coûts liés à la sécurité du G7 organisé à Évian-les-Bains. Les autorités helvétiques doivent gérer l’arrivée de dirigeants, les contrôles frontaliers et les manifestations côté suisse -
La petite fille et la machine administrative hors de contrôle
Le replay de «Voyage en absurdie», la chronique matinale d’Emmanuelle Ducros sur Europe 1 -
InfrapolitiqueLa propagation des imaginaires, stratégie de conquête des extrêmes
La campagne présidentielle consacre une nouvelle façon de parler aux Français, sans chercher à les convaincre, mais en contaminant l’imaginaire du plus grand nombre. C'est à la lumière de cette théorie que Raphaël LLorca analyse les banquets du Canon français et le maillot de l'équipe de France floqué « Mélenchon 27 »