La rémunération des dirigeants ne peut plus faire l’impasse sur la dimension RSE
Hier anecdotique, la responsabilité sociale et environnementale (RSE) prend une part croissante dans la rémunération des dirigeants. Selon une étude de Vigeo, seuls 2,1% des entreprises intègrent des critères RSE dans la part variable des dirigeants (5,8% en Amérique du Nord, et 0,2% en Europe). «Nous sommes particulièrement exigeants et vérifions que les objectifs de performance RSE sont chiffrés, explique Ornella di Iorio, responsable de recherche chez Vigeo. L’instauration du say on pay en France pourrait être une source de progrès.»
Désormais, près de 25 sociétés du CAC 40, contre 4 en 2007, utilisent des critères RSE dans la rémunération des dirigeants. Ces éléments pèsent en moyenne 15% de la part variable, mais peuvent monter à un tiers, comme chez Danone, relève Capitalcom. Chez Vivendi, ces critères pèsent 5% de la part variable si les objectifs sont atteints, et jusqu’à 10% s’ils sont largement dépassés. «Un pourcentage qui pourrait croître à l’avenir, explique Pascale Thumerelle, directrice de la RSE chez Vivendi. Dès 2010, nous avons fixé des objectifs liés à nos trois enjeux RSE stratégiques: la protection et l’accompagnement de la jeunesse dans ses usages numériques, la promotion de la diversité culturelle dans la production de contenus et le partage des connaissances. En 2013, ces objectifs ont tous été atteints, nous pourrions aussi être plus exigeants pour les prochains exercices.»
Les sociétés du «secteur électrique ou gazier affichent les meilleures pratiques, poursuit Ornella di Iorio. Nous avons observé une meilleure prise en compte des critères RSE dans la rémunération des dirigeants pour les entreprises des secteurs faisant face soit à d’importants risques juridiques et opérationnels, soit à une forte pression des parties prenantes due à leurs impacts environnementaux et sociaux.»
Les critères RSE «interviennent aussi dans la rémunération de plus en plus de managers, mais aussi dans l’intéressement versé aux salariés, comme chez EDF, Schneider, Total et Veolia», précise Nathalie Voisine, consultante chez Capitalcom. Avec le say on pay, «nous attendons maintenant davantage de transparence sur les conditions d’attribution de ces critères, ajoute Julie Lacroix, consultante chez Capitalcom. D’ailleurs, de nombreux groupes réfléchissent actuellement à une meilleure prise en compte de la RSE dans les rémunérations, à l’instar de Legrand qui l’a annoncé lors de son AG.»
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