La rémunération des administrateurs en France a légèrement reculé
Les sociétés cotées françaises convergent vers un niveau de gouvernement d’entreprise homogène, mais la proportion de sociétés affichant une «bonne» ou «très bonne» note ne progresse plus, stagnant à 50%, constate l’édition 2011 du panorama de la gouvernance d’Ernst & Young, en partenariat avec France Proxy. Le SBF 120 atteint une note de 80% (contre 83% en 2010), contre 19% pour les valeurs moyennes (17% en 2010). Toutefois, la part de midcaps à gouvernance «très faible» est tombée à 35% contre 50% en 2010.
Les vice-président, administrateur référent, ou lead director montent en puissance, présents désormais dans 54% du CAC 40. Une pratique habituelle dans les conseils des grands groupes anglais et allemands. Toutefois, «leur rôle reste à géométrie variable, explique Véronique Bruneau Bayard, associée gérante de France Proxy. Certains ne font que suppléer le président en son absence, d’autres peuvent aller jusqu’à convoquer le conseil».
Effet «pervers» de la féminisation des conseils, le nombre d’administrateurs a crû, à près de 15 dans le CAC 40, alors qu’en dix ans, les conseils de sociétés américaines se sont réduits de 15 à 10. Du fait de cette augmentation, le jeton de présence moyen a reculé l’an dernier, au sein du CAC 40 (de 50.000 à 49.000 euros), comme des midcaps (14.000 à 12.000 euros). Si le premier objectif de féminisation des conseils de 20% à partir de 2014 sera rempli en avance, le seuil de 40% en 2016 sera plus difficile à atteindre, nécessitant de nommer 70 femmes par an dans le SBF 120.
Le rythme de travail des conseils se stabilise avec 8,4 réunions par an pour le CAC 40, 7,7 pour le SBF 120 et 6,4 pour les valeurs moyennes. L’existence d’un comité stratégique fait toujours débat. Certains y voient une manière d’exclure les représentants des salariés, bien que l’élaboration de la stratégie relevent de l’ensemble du conseil. Ce comité demeure une spécificité française, mais est en recul au sein du CAC 40 à 54% contre 61% en 2010.
Si tout le monde s’accorde sur le travail des administrateurs, «les comités d’audit communiquent relativement peu sur les travaux effectués afin d'évaluer l’efficacité des mesures de risques», ajoute Bruno Perrin, associé Ernst & Young. En outre, les comités de rémunération des grandes capitalisations communiquent moins sur leur implication dans la mise en place de la politique de rémunération des dirigeants.
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