La recomposition du paysage français des télécoms continue d’échauffer les esprits
Une nouvelle salve de déclarations a été entendue hier autour de la publication des résultats trimestriels de Bouygues concernant la recomposition en cours du paysage français des télécoms, dans la foulée du rachat de SFR par Numericable. Alors qu’une union entre Bouygues Telecom et Orange semble devoir poser de sérieux problèmes de concurrence aux autorités européennes, Les Echos ont assuré que Martin Bouygues et Stéphane Richard, les patrons des deux groupes, en avaient parlé à plusieurs reprises en direct. Le gouvernement est, selon le quotidien, tenu au courant de l’avancée des discussions, la valorisation de Bouygues Telecom s’élevant à «au moins 6 milliards d’euros».
De fait, le directeur financier de Bouygues, Philippe Marien, a souligné lors de la présentation des résultats que «Bouygues Telecom a une route qui lui permet d’avoir une stratégie indépendante». Le dirigeant a pourtant reconnu qu’«après, tous les scénarios sont sur la table. Tous les opérateurs télécoms (...) réfléchissent à toutes les hypothèses et à toutes les opportunités».
De son côté, le syndicat CFE-CGC estime dans une lettre au Premier ministre Manuel Valls, diffusée hier également, qu’un rapprochement entre Bouygues Telecom et Orange permettrait de sauver des emplois chez le premier et apporterait des synergies industrielles. «On demande à l’Etat de prendre ses responsabilités en regardant si l’opération peut se faire», a confié à Reuters Sébastien Crozier, représentant CFE-CGC d’Orange, tout en précisant ne pas être au courant d'éventuelles discussions.
Orange est, qui plus est, prudemment sorti du bois, en publiant dans la soirée un communiqué selon lequel le groupe «examine les opportunités qu’offre la recomposition du paysage français des télécoms». L’opérateur historique «estime qu’une consolidation du marché mobile français serait positive à long terme tant pour l’investissement que pour le consommateur». Se disant «attentif» au risque juridique d’une «éventuelle opération», Orange rappelle que «sa position de leader lui permet une totale indépendance».
Pour l’heure, Bouygues a officiellement fixé à sa filiale télécoms un nouvel objectif de 300 millions d’euros d'économies de coûts par an à partir de 2016, tout en prévenant que cette «refondation» aurait des conséquences sociales, sans confirmer l'évaluation de 1.500 à 2.000 suppressions d’emplois avancée de source syndicale.
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