La recapitalisation de Technicolor vire à l’imbroglio juridique
Les relations se tendent entre Technicolor et JPMorgan. La banque se dit «déçue de la décision du conseil d’administration» du groupe de ne pas soumettre à l’assemblée générale du 20 juin sa nouvelle offre de recapitalisation. Selon le conseil, malgré le relèvement des conditions financières, les deux clauses demandées par JPMorgan sont inacceptables.
La banque se défend. Elle explique que l’indemnité de rupture de 3,4 millions d’euros ne pourrait pas être demandée si c’est l’offre concurrente déposée le 25 mai par Vector qui venait à être préférée par l’AG. Elle ajoute que si son offre est exclusive, elle «n’empêche pas les actionnaires de Technicolor d’avoir la possibilité d’examiner toutes les propositions qui leur seraient soumises». Ces «malentendus» rectifiés, et en réaffirmant sa volonté d’investir au capital du groupe, JPMorgan demande donc au conseil de Technicolor de bien vouloir revoir sa position.
Selon une source proche du dossier, le conseil d’administration de Technicolor n’a pas l’intention de se réunir pour étudier à nouveau l’offre révisée de JPMorgan. En dépit des explications de la banque, les deux clauses supplémentaires demandées sont jugées trop contraignantes. En effet, aucune indemnité de rupture ne porte sur l’offre actuelle de Vector. En revanche, si celui-ci venait à relever sa proposition, et qu’elle était acceptée par les actionnaires, le groupe devrait verser 3,4 millions de dollars à JPMorgan en plus des 2,5 millions d’euros de frais de transaction liés à l’augmentation de capital que Technicolor doit de toute façon payer à la banque quelle que soit l’issue de l’opération.
«La mise en place de cette indemnité de rupture vise clairement à compliquer une éventuelle surenchère de Vector», explique une source proche. L’indemnité totale représente 3,2% de l’augmentation de capital proposée par Vector. Quant à la clause d’exclusivité, elle pourrait empêcher tout actionnaire, comme il en a le droit, de présenter en cours d’AG une nouvelle offre de recapitalisation.
Face à ces risques financiers et juridiques, la direction de Technicolor ne souhaite pas revenir sur sa décision. Comme son contrat conclu avec la banque l’y oblige, elle soutiendra lors de l’AG du 20 juin la proposition initiale de JPMorgan, même si elle est moins disante que celle de Vector, laissant aux actionnaires le soin de choisir. Hier, un protagoniste n’excluait pas une modification des offres en cours d’AG.
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