La qualité du management devrait être davantage prise en compte par les investisseurs

Oddo propose une première grille de notation. Amadeus, Legrand et L’Oréal en sortent vainqueurs. Leur parcours boursier le confirme
Bruno de Roulhac

A l’heure des assemblée générales et des premiers «say on pay», la qualité du management est de plus en plus scrutée par les actionnaires. Oddo Securities vient de se doter d’un outil, avec l’aide du cabinet Anthenor Partners, pour la mesurer. «La qualité du management joue un rôle primordial dans le succès des sociétés à long terme, explique Oddo. Elle assure en effet à l’investisseur un gage de bonne exécution/implémentation de la stratégie annoncée. Toutefois, cette ‘qualité du management’ reste difficile à mesurer, les investisseurs concentrant souvent leur analyse sur la seule cohérence entre discours et faits du CEO».

En 2015, le courtier compte suivre 500 entreprises contre 50 aujourd’hui. A l’aune de cette première notation, Amadeus, Legrand et L’Oréal sortent en tête de classement. Une performance confirmée en Bourse. En trois ans, le premier a plus que doublé de valeur, tandis que les deux autres figurent parmi les huit meilleures performances du CAC 40.

Pour établir une notation, l’équipe de Jean-Philippe Desmartin, responsable des études ESG chez Oddo, se fonde sur 21 critères répartis en quatre axes: le dirigeant exécutif (CEO), le comité exécutif, le management intermédiaire et les ressources humaines.

Dans l’idéal, le dirigeant doit avoir organisé sa succession, en puisant notamment dans le vivier interne; être fiable, en accordant ses actions à son discours; avoir une réelle compétence; ne pas se «stariser»; et être leader et visionnaire. Au sein de l’équipe dirigeante, le comité exécutif doit être unique, compter de 10 à 12 membres pour les grandes entreprises, ne regrouper que des membres de rang N et N-1, et limiter la rotation de ses membres entre 10 et 12% par an; la bonne gestion des restructurations et des acquisitions entre également en compte, tout comme l’association de l’équipe dirigeante au capital.

Du côté de l’organisation intermédiaire, Oddo veille à une organisation simple et à des niveaux de management limités (7 au plus pour les grandes entreprises), à la capacité de croissance organique et de gains de part de marché, à l’innovation, et aussi à la culture entrepreneuriale. Enfin, les ressources humaines ne doivent pas révéler de dysfonctionnements et de risques sociaux, mais afficher un niveau de productivité élevé, promouvoir la mobilité interne, et associer les salariés au capital.

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