La prime à la casse prouve son efficacité sur le marché automobile européen
La reprise est encore loin. Néanmoins le marché automobile européen vient de boucler un premier trimestre moins catastrophique que redouté. Plusieurs observateurs ou acteurs avaient pronostiqué un plongeon de 20 % voire plus. Or, les ventes ont limité leur repli à 17,2 %. Un chiffre qui tient à un mois de mars beaucoup moins noir que janvier et février, avec une baisse de 9 % contre -27 % et -18,3 % sur les deux premiers mois de 2009 (voir graphique).
Si l’effet calendaire a été favorable, pour l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea), l’explication principale tient surtout en quatre mots : prime à la casse. De l’Allemagne (+39,9 %) à la Slovaquie (+18,2 %), en passant par la France (+8 %) et l’Italie (+0,2 %), tous les pays qui l’ont adoptée se retrouvent en tête de peloton.
Ces chiffres européens tendent aussi à confirmer une autre tendance déjà observée dans l’Hexagone : la redistribution du marché au profit des petits véhicules générant moins de marge. L’Acea ne donne pas encore de ventilation par gamme pour mars. Mais la répartition par marque permet de se faire une idée. Tandis que Daimler et BMW reculent de 15 % à 20 %, Fiat a fait en mars une poussée de 14,3 %. Quant à VW, s’il a maintenu ses volumes écoulés en mars, c’est grâce à ses marques généralistes Volkswagen (+1,6 %) et Skoda (+10,6 %).
Si jusqu’ici plusieurs constructeurs ont indiqué que la prime à la casse comptait pour 30 % à 40 % des commandes, elle n’est pas pour autant une solution miracle. Plusieurs observateurs la qualifient de soutien artificiel et rappelent qu’une fois abandonnées les mesures prises en France entre 1994 et 1996, le marché avait chuté de près de 20 % en 1997.
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