La pression judiciaire se renforce sur plusieurs acteurs impliqués dans le dossier Parmalat
La brigade financière italienne a rendu visite hier à plusieurs banques, fonds d’investissement et sociétés de relations publiques ayant joué un rôle dans la recomposition du capital de Parmalat. Les policiers ont agi sur la base de soupçons de délit d’initié et d’abus de marché entourant la montée récente du français Lactalis au sein de son homologue transalpin. Ils ont investi les bureaux du Crédit Agricole et de la Société Générale, respectivement financeur et conseil de Lactalis, ainsi que ceux de Lazard (conseil des trois fonds vendeurs de leurs parts à Lactalis), d’Intesa Sanpaolo (mandatée par Parmalat pour solliciter des offres alternatives) et des sociétés de relations publiques Brunswick et Image Building.
Selon les agences de presse Reuters et Bloomberg, trois banquiers italiens seraient dans le collimateur des autorités : le président de Lazard en Italie, Carlo Salvatori, le responsable des projets spéciaux et du private equity d’Intesa Sanpaolo, Fabio Cane, et l'épouse de ce dernier, Patrizia Micucci, responsable de la banque d’investissement de la Société Générale dans la péninsule. Alors qu’Intesa Sanpaolo a assuré ne disposer d’aucune preuve étayant les soupçons de délit d’initié concernant Fabio Cane, la Société Générale a confirmé la perquisition survenue hier et a fait part de son «entière collaboration».
Lactalis, premier groupe laitier européen, s’est lancé depuis plusieurs semaines à l’assaut de Parmalat. Après avoir acquis, directement ou via des equity swaps, 11% de la société mi-mars, le français a porté sa participation à 29% quelques jours plus tard après le rachat pour 2,80 euros par action des parts détenues par trois fonds d’investissement (Zenit Asset Management, Skagen et Mackenzie Financial). Lactalis a ensuite offert 3,4 milliards d’euros, ou 2,60 euros par action, pour le solde du capital en avril. Selon des informations de presse, Goldman Sachs devrait rendre aujourd’hui un avis d'équité (fairness opinion) sur cette proposition à l’occasion d’un conseil d’administration de Parmalat. Défendant son intégrité, le groupe lavallois a tenu à souligner dans un communiqué qu’il ne faisait l’objet «d’aucune enquête judiciaire».
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