La Poste met en place son plan d’actionnariat salarié
La Poste a entamé mercredi sa longue route vers l’actionnariat salarié. A l’occasion de son rendez-vous mensuel, son conseil d’administration a en effet officiellement lancé le processus devant mener à l’augmentation de capital réservée, a appris hier L’Agefi. Le principe avait été prévu par la loi organisant le changement de statut du groupe postal.
Les grandes lignes du projet ont donc été arrêtées: selon certaines sources présentes lors du conseil, La Poste aurait prévu d’ouvrir son capital aux 282.000 salariés de la maison mère et de ses filiales françaises à hauteur d’environ 2% - mais la proportion pourrait être supérieure à terme, insiste un autre interlocuteur.
En tout état de cause, la part ne saurait atteindre la limite des 3%, qui obligerait le groupe à intégrer un représentant des actionnaires salariés à son conseil d’administration – qui compte déjà sept représentants syndicaux pour 21 membres. Or, toute modification de la gouvernance devrait automatiquement passer par une procédure législative.
De sources concordantes, la participation des «fonctionnaires et salariés» serait placée dans un fonds commun de placement d’entreprise (FCPE) – afin de faciliter une certaine liquidité des parts. Ce véhicule intégrerait le plan d’épargne groupe (PEG), lancé en 2007 suite à l’accord d’intéressement signé l’année précédente et qui dispose déjà de cinq FCPE.
Les mêmes sources indiquent que la direction espère convaincre au moins 150.000 salariés de participer à l’augmentation de capital. A cette fin, elle prévoit la mise en place de mécanismes d’abondement, de décote et de facilité de paiement. Cela dit, ils devront se révéler plus efficaces que ceux mis en place lors du PEG: en effet, seuls 66.000 postiers y ont souscrit (pour un montant de 312 millions d’euros à ce jour), dont 44% de cadres alors que cette catégorie ne représente que 21% du personnel, rappellent les syndicats.
Rendez-vous est pris en mars prochain, après l’arrêté des comptes du 8 de ce mois. L’étape cruciale consistera en la valorisation du groupe La Poste et sa validation de la transaction par l’Autorité des marchés financiers. La valorisation sera menée par la commission de la participations des transferts, issue de l’Agence des participations de l’Etat. Pour l’augmentation de capital réservée à la Caisse des dépôts cette année, la commission avait retenu une valeur de 6 euros par action.
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