La position d’Abertis comme principal actionnaire d’Eutelsat semble fragile
N’est-ce qu’un nuage de fumée, ou le signe révélateur d’une sérieuse réflexion d’Abertis quant à sa présence au capital d’Eutelsat, vers un possible désengagement? Principal actionnaire de l’opérateur de satellites avec 31,4% du capital au travers de sa filiale Abertis Telecom, sa situation semble inconfortable. «C’est trop ou trop peu», juge un connaisseur du dossier.
Le groupe espagnol se serait vu infliger selon «Les Echos» un refus de la part du Fonds stratégique d’investissement (FSI), deuxième actionnaire à 25,7%, concernant une proposition de prise de contrôle conjointe d’Eutelsat. Une information démentie par Abertis, les autres parties ne souhaitant pas apporter de commentaires. Aux côtés des 57,1% détenus sans pacte par les deux principaux actionnaires, le flottant d’Eutelsat, dont la capitalisation boursière atteint 6,8 milliards d’euros, s’élève à 42,9%, dont 5,0% pour chacun des gestionnaires Franklin Templeton et BlackRock.
Le quotidien avance qu’Abertis «cherchait à enrôler le FSI car la mariée est un peu chère à avaler tout seul». D’autant que le groupe espagnol pourrait opter pour d’autres priorités, comme la participation à l’appel d’offres imminent concernant la privatisation des aéroports de Madrid et Barcelone. Pour un montant estimé de 5,3 milliards d’euros. Et cela même si l’entrée au capital d’Eutelsat en 2007 avait marqué selon Abertis «le premier grand pas de (son) internationalisation» dans le secteur.
Pour CM-CIC Securities, Abertis n’a pas les moyens de lancer seul une OPA et doit composer avec un FSI qui assume ici pleinement son rôle d’investisseur public stratégique au sein d’un secteur sensible. En dépit des perspectives favorables de l’opérateur, l’espagnol est voué au désengagement, total ou partiel. Le courtier rappelle cependant que la direction d’Abertis avait souligné en mai dernier qu’Eutelsat ne faisait pas partie de la liste d’actifs jugés non stratégiques et destinés à une cession, en précisant que cette position restait valable pendant au moins un semestre. Abertis pourrait bouger selon CM-CIC Securities «à l’horizon 2012».
Les relations entre Eutelsat et ses deux principaux actionnaires n’en pâtiraient pas. «Il n’y a aucune tension», assure une source proche évoquant notamment le soutien à une politique dynamique en termes d’investissements.
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