La mise en Bourse de Blue Solutions n'échappe pas à l’ingéniosité financière de Bolloré
Vincent Bolloré aime rappeler les origines industrielles de son groupe, fondé en 1822 en Bretagne. Sa technologie brevetée lithium-métal-polymère (LMP), issue des activités historiques de la société dans les papiers fins, ne semble d’ailleurs n’avoir aucun secret pour lui. Mais Vincent Bolloré est aussi un redoutable financier. A ce titre, la mise en Bourse, le 30 octobre, de Blue Solutions, la société de batteries électriques du groupe, n’est pas dénuée d’ingéniosité. Et elle réserve un joli casse-tête pour les analystes financiers qui débutent aujourd’hui leur travail de valorisation afin de déterminer la fourchette de prix de la mise en Bourse.
10% du capital seront offerts au public sur Euronext. Les actions seront vendues par Bolloré aujourd’hui actionnaire à 100% (Groupe Bolloré à 80%, Bolloré Participations à 20%). Mais à terme, Blue Solutions se portera progressivement acquéreur du capital de sept sociétés cousines assurant chacune le développement spécifique d’une application autour des batteries électriques: autopartage (dont Autolib’), bus, bateau, tramway, stockage d’électricité, borne de charge, services (gestion des abonnements…). Celles-ci sont aujourd’hui détenues par le groupe Bolloré.
Blue Solutions dispose de sept options d’achat, à hauteur de 100% du capital. Elles pourront être exercées, séparément, de septembre 2016 à juin 2018. Le prix d’exercice sera déterminé par un expert indépendant désigné par le tribunal de commerce. Le mode de financement de ces options n’est pas précisé. Mais il pourrait passer par la Bourse, Bolloré ne s’étant engagé à financer Blue Solutions que jusqu’en 2016. Pour éviter les conflits d’intérêts au moment de l’exercice des options, le vendeur et l’acheteur étant le même groupe, et afin de protéger les futurs actionnaires minoritaires de Blue Solutions, l’Autorité des marchés financiers a demandé que le conseil d’administration de la société compte trois administrateurs indépendants sur sept.
Ce système permet de ne pas faire peser sur Blue Solutions les coûts de développement des différentes applications. Il permettra aussi à terme de grossir progressivement la taille de la société. En 2012, Blue Solutions a réalisé 61 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour 18 millions de pertes opérationnelles. L’objectif est d’atteindre 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2022.
Plus d'articles du même thème
-
Adyen déçoit sur sa rentabilité et chute en Bourse
Le spécialiste des paiements a réduit sa cible de marge d'Ebitda pour cette année en dépit d'une hausse plus forte que prévu de ses revenus au troisième trimestre. -
Unilever mise sur l’effet prix pour maintenir la croissance de ses ventes
Le groupe de biens de consommation relève légèrement son objectif de croissance des volumes en 2026, d’environ 3% à au moins 3%, et vise une hausse de 5% du chiffre d’affaires au second semestre, au lieu d’une fourchette de 4% à 5%. -
Alan gagne la Sécu, et vise désormais les étudiants
L’assureur emporte le contrat santé d’au moins 150.000 personnes et gagne aussi le marché du département de l’Orne, illustrant à nouveau sa capacité à occuper aussi le terrain de la fonction publique territoriale.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Dette française : le piège de l’argument patrimonial
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
Contenu de nos partenaires
-
Le coût de la guerre en Iran pour les Etats-Unis ? 47 milliards de dollars
Le Pentagone a révélé au Congrès le montant de la campagne militaire de Donald Trump contre le régime iranien. La note est salée et continue de s'aggraver -
« Des résultats impressionnants » : le FMI félicite Javier Milei et lui accorde 900 millions de dollars de prêts
Après avoir ralenti l’inflation et réduit les dépenses publiques, Javier Milei a convaincu l’instance internationale de verser une nouvelle aide dans le cadre d’un programme de relance -
Tribune libreMarc Fesneau : « L'AMF est prise en otage par son président David Lisnard »
Dans une tribune à l'Opinion, le député MoDem Marc Fesneau dénonce le mélange des genres du maire de Cannes, candidat à sa succession à la tête de l'AMF et candidat à la présidentielle, et qu'il accuse de créer «les conditions d’une grande alliance avec le RN»