La hausse du pétrole coûterait 4 points d’EBE aux sociétés françaises en 2011

Euler Hermes anticipe une hausse du PIB en France limitée à 1,4 % en 2011, tandis que les défaillances reculeraient de 3 % seulement
Bruno de Roulhac

Des jours encore difficiles pour les entreprises françaises. «Le malade France est guéri, mais est toujours en convalescence », souligne Karine Berger, directrice marchés d’Euler Hermes. L’assureur-crédit anticipe seulement une hausse du PIB de 1,4% en 2011 (contre 2% visé par le gouvernement) et de 1,7% en 2012. Une progression limitée par la nouvelle flambée du pétrole et par le décrochage de certains secteurs industriels.

Sur la base d’un pétrole à 80 euros (115 dollars), Euler Hermes estime que l’impact serait de 4 points sur l’excédent brut d’exploitation (EBE) des sociétés non financières, dans l’hypothèse où ces entreprises porteraient la totalité de ce surcoût sans le répercuter dans les prix auprès de leurs clients. Or, en raison de la faiblesse de la demande, les entreprises peineront à faire passer le coût matières premières dans leurs prix, particulièrement dans le BtoB.

Par ailleurs, fin 2011, sept secteurs (automobiles, biens intermédiaires, BTP, biens d’équipement, énergie, agriculture, et transports), pesant un tiers de la production française, n’auront toujours pas compensé leur décrochage de 2008-2009. «La reprise industrielle est donc trop faible pour inverser la tendance actuelle à la désindustrialisation», explique Karine Berger.

Dans un tel contexte, les défaillances d’entreprises devraient se maintenir au-dessus du seuil de 60.0000 et seulement reculer de 3% cette année, après une baisse de 1,7% en 2010. A la faible croissance, s’ajoute la hausse des matières et des coûts de production, l’impact de la réduction des délais de paiement avec la fin des accords dérogatoires, l’arrêt des mesures de soutien aux entreprises en difficulté, sans compter le risque pays. D’ailleurs, Euler Hermes constate une nouvelle tension sur les besoins de trésorerie pour beaucoup d’entreprises, et un regain des difficultés pour les plus grandes sociétés (plus de 7,5 millions d’euros de chiffre d’affaires) depuis le début de l’année.

La hausse des matières premières fragilisera particulièrement les industries électriques, la filière métallurgie, et toutes les industries dérivées du pétrole. L’assureur-crédit table sur un recul de 13,5% de la production du secteur automobile entre 2008 et fin 2011, et de 8,7% pour le BTP. «Des sous-traitants automobiles vont encore disparaître», conclut Ludovic Sénécaut, président du directoire d’Euler Hermes.

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