La fusion de Warner et Paramount est momentanément suspendue
- Un tribunal de Californie a ordonné la suspension temporaire de la fusion à 110 milliards de dollars entre Paramount et Warner Bros.
- Cette décision découle d’une plainte de 12 États craignant que ce rapprochement de géants ne fausse illégalement la concurrence.
- En cas de retard après le 30 septembre, Paramount devra verser aux actionnaires de Warner environ 7 millions de dollars par jour.
C’est un coup de frein malvenu pour une opération à 110 milliards de dollars. Un tribunal de Californie a ordonné lundi 20 juillet la suspension de l’opération de fusion entre Paramount et Warner Bros. pendant une durée de 14 jours, soit jusqu’au 4 août.
Cette décision est la conséquence de la plainte déposée en urgence le 13 juillet par 12 Etats, dont ceux de New York et de Californie. Ceux-ci considèrent, dans leur plainte, que le rachat de Warner par Paramount « fausserait illégalement» la concurrence dans l’ensemble du secteur du divertissement.
Il n’est pas étonnant que la concurrence se penche sur cette opération, car le projet de fusion réunirait deux des cinq plus grands studios hollywoodiens et deux des cinq principaux câblodistributeurs aux Etats-Unis. Le portefeuille de Paramount comprend ainsi Paramount Pictures, le réseau de diffusion CBS, la chaîne câblée premium Showtime et le service de streaming Paramount+. De son côté, Warner détient, outre ses studios de cinéma, les chaînes HBO et Discovery.
«Le rachat de Warner Bros. par Paramount risque d’augmenter les prix pour les consommateurs et de mettre en péril des emplois et des entreprises dans tout le pays. Je remercie mes collègues procureurs généraux de se joindre à cet effort pour faire respecter la loi et bloquer cette fusion », insistait début juillet Letitia James, la procureure générale de l’Etat de New York.
Epée de Damoclès
Si elle n’interdit pas la fusion, cette ordonnance de restriction temporaire devrait permettre au tribunal de statuer sur la requête des Etats « en vue d’une injonction préliminaire pour bloquer définitivement la fusion », précise la procureure de New York dans un communiqué. L’opération pourrait ainsi être bloquée pendant toute la durée d’une procédure qui pourrait prendre plusieurs mois.
Même si Paramount et Warner ont remis en cause, dans leur plaidoirie, les hypothèses prises en compte par les plaignants sur le marché du cinéma ou celui de la télévision par câble, la Cour a estimé que « les Etats demandeurs soulèvent de sérieuses questions quant au bien-fondé de leur revendication ».
Le risque est donc réel. Mais quelle que soit la décision du tribunal, Paramount devra vite se retourner car, comme le rappelle l’agence de presse Reuters, pour chaque jour de retard de la fusion après le 30 septembre, la société serait tenue de verser aux actionnaires de Warner une «indemnité de retard» de 25 cents par action. Soit environ 7 millions de dollars par jour, selon l’accord de fusion.
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