La famille Moulin pourrait être à terme l’actionnaire de référence de Carrefour

Le propriétaire des Galeries Lafayette se contente pour le moment de ses 6,1%. Mais les analystes le voient remplacer Arnault et Colony quand ils sortiront
Bruno de Roulhac

Avec 6,1% du capital et 5,39% des droits de vote de Carrefour, Motier, la holding familiale de la famille Moulin propriétaire des Galeries Lafayette, aura son mot à dire. Cette annonce surprise lundi soir a été confirmée hier par la déclaration de franchissement de seuil auprès de l’AMF. De sources proches des deux groupes, l’opération est parfaitement amicale, et Motier ne devrait accroître qu’à la marge sa participation.

Seules certitudes, cet investissement «stratégique […] s’inscrit dans la durée» et Motier ne rejoindra pas le concert entre Blue Capital (Groupe Arnault) et Colony, détenteur de 14,8% du capital et 20,1% des droits de vote du distributeur alimentaire.

Motier discute actuellement avec Carrefour pour obtenir un siège d’administrateur. Le conseil compte déjà 14 membres avec son président, mais les statuts de Carrefour stipulent que le conseil peut compter jusqu’à 18 membres. Si Philippe Houzé, gendre de Ginette Moulin, président du directoire des Galeries Lafayette, et ancien patron de Monoprix, aurait toute légitimité pour rejoindre le conseil, cela semble un peu prématuré, d’autant que l’assemblée générale de Carrefour se tient mardi prochain. Les actionnaires devront déjà se prononcer sur le renouvellement de quatre administrateurs (Amaury de Sèze, Bernard Arnault, Jean-Laurent Bonnafé, et René Brillet) pour une durée de trois ans, et sur la ratification de la cooptation de Thomas J. Barrack Jr, fondateur de Colony Capital, en remplacement de Sébastien Bazin.

En attendant, l’entrée d’un nouvel actionnaire de référence «expérimenté dans le domaine de la grande distribution est pour nous un signe de confiance pour Carrefour et la stratégie menée par son PDG, Georges Plassat», note Oddo.

En outre, «la présence de la famille Moulin à ce niveau au capital pourrait réduire le risque de flow back [ventes massives d’actions] si Groupe Arnault ou Colony Capital décidaient de réduire leur participation dans Carrefour», ajoute Raymond James, estimant même que la famille Moulin pourrait être un acquéreur naturel de la participation de Groupe Arnault et de Colony. Avis partagé par CM-CIC qui estime que Motier pourrait être, «peut-être, à terme l’actionnaire de référence» de Carrefour.

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