La faiblesse des volumes sur le CAC 40 peut nuire aux rachats d’actions

Le ralentissement de l’activité sur Euronext complique l’intervention des entreprises sur le marché de leurs propres titres
Olivier Pinaud

La faiblesse de l’activité à la Bourse de Paris ces derniers mois commence à avoir des répercussions inédites. Selon les responsables de la recherche actions d’Aurel Leven, un groupe du CAC 40, dont le nom n’est pas dévoilé, pourrait avoir du mal à boucler dans les temps son programme de rachats d’actions 2012 en raison d’un volume trop faible sur le marché de son titre.

Le règlement européen interdit en effet à un émetteur d’acheter plus de 25% du volume quotidien moyen des actions qui sont négociées sur le marché réglementé où l’achat est effectué. En cas de faible activité, ce seuil peut être donc rapidement atteint, notamment pour les groupes les moins liquides de l’indice CAC 40.

Pour les responsables de la recherche d’Aurel Leven, il ne s’agit encore que d’une «anecdote». Mais rien ne dit que d’autres sociétés du CAC 40 ne pourraient pas connaître la même mésaventure d’ici la fin de l’année. D’autres types d’investisseurs, notamment les grandes gestions, pourraient également souffrir de ce manque de liquidités pour intervenir comme ils le souhaitent sur certaines valeurs. Au risque, du coup, de délaisser un peu plus ces titres et d’entretenir la faiblesse des volumes.

Mais pour Cédric Richard, responsable de l’activité de courtage pour les émetteurs (corporate broking), ces risques d’assèchement sont exagérés. «La liquidité globale sur le CAC 40 n’a pas véritablement baissé ces dernières années mais elle s’est déplacée du marché Euronext vers les plates-formes dites alternatives comme ChiX ou Bats, par lesquelles passe aujourd’hui un peu plus d’un tiers des volumes du CAC 40. Un émetteur qui souhaite racheter ses propres actions a la possibilité d’intervenir sur ces marchés», rappelle ainsi Cédric Richard. Pour Total par exemple, la valeur la plus liquide du marché, Euronext ne représente plus que 35% des volumes.

Selon les dernières données de Natixis, à fin septembre, les entreprises du SBF 120 ont consacré 4 milliards d’euros aux rachats de leurs propres actions, contre 5,7 milliards à la même période en 2011. La remontée des cours de Bourse les a incités à lever le pied.

En revanche, les groupes acheteurs de leurs titres sont plus nombreux: 41 à fin septembre 2012, contre 32 l’année précédente. A elles seules, les 12 entreprises du CAC 40 ayant un programme de rachats d’actions en cours assurent 80 % des volumes totaux.

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