La donne chinoise a changé pour les constructeurs automobiles allemands
Les statistiques pour le mois d’août de l’Association chinoise des constructeurs automobiles (CAAM) seront publiées jeudi. Mais vu les déclarations de ces derniers jours, une bonne surprise s’annonce peu probable, après un mois de juillet déjà marqué par une chute de 6,6% des ventes de véhicules particuliers d’une année sur l’autre.
Plusieurs constructeurs ont déjà chiffré l’impact du krach boursier et de la réforme du régime de change chinois sur leur activité dans le pays. GM et ses partenaires locaux ont par exemple accusé une baisse de 4,8% de leurs ventes en août sur un an, soit leur plus mauvais score depuis cinq mois après un recul de 4% en juillet. Nissan a annoncé une baisse de 5,5%.
Même si d’autres constructeurs, comme Mercedes, Honda ou Toyota devraient parvenir à se distinguer en août grâce à un renouvellement plus opportun de leur gamme, la tendance du marché chinois, le premier au monde, est clairement au ralentissement, avec les constructeurs allemands en première ligne. La Chine représente par exemple 40% des débouchés de la marque Volkswagen. VDA, l’association professionnelle des constructeurs allemands estime que leurs ventes en Chine ne devraient croître que de 4% à 19,1 millions d’unités cette année, 2 points de moins que ce qu’elle prévoyait début 2015. Selon les analystes de Bernstein, ce coup de frein estival devrait conduire à de fortes révisions à la baisse du consensus de résultats, toutes ses conséquences n’ayant pas été intégrées.
Pour Exane BNP Paribas, les moindres volumes de vente ne sont pas le principal point noir du marché chinois. Le premier danger vient de la guerre des prix engagée entre constructeurs dont les capacités de production sur place devraient avoir augmenté de 40% entre 2014 et 2016. «Les consommateurs mènent une sorte de grève des achats, anticipant toujours plus de promotions, chaque jour réservant son lot de nouvelles sur ce plan», redoutent les analystes d’Exane BNP Paribas. Ils rappellent que les constructeurs locaux, dont le déficit de qualité s’est fortement comblé ces dernières années, contribuent désormais efficacement à la guerre des prix.
Face à cette situation, mais aussi pour répondre à la dévaluation du yuan et la vigueur du dollar, les constructeurs allemands envisagent de diriger une partie de leur production chinoise vers les Etats-Unis. Au risque, cette fois, de faire monter d’un cran la pression concurrentielle sur le deuxième marché mondial.
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