La dispute avec Johnson Controls menace les promesses de croissance de Saft
L’annonce de la volonté de Johnson Controls de dissoudre l’entreprise commune JCS qu’il exploite avec Saft depuis 2006 a sonné comme un coup de tonnerre pour la société française de batteries électriques. Le cours de l’action Saft a chuté hier de 13,31% pour finir à 25,8 euros. Compte tenu du caractère encore naissant de l’activité, les analystes divergent sur la valorisation de cette coentreprise de batteries pour automobiles, de 0,6 euro par action selon Kepler à 10 euros pour Cheuvreux. Au milieu, et sur la base d’un multiple valeur d’entreprise sur résultat d’exploitation de 1,5 fois, Goldman Sachs estime que JCS représente 5 euros par action Saft. La valeur d’actifs de JCS s'élève à 45 millions d’euros dans les livres de Saft.
JCS est considérée comme l’un des principaux relais de croissance de Saft, initialement spécialisé dans les batteries de secours pour les avions ou les trains. Grâce à des contrats avec Ford, Mercedes ou BMW, la société a réalisé 53,8 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2010. Encore en phase d’investissement, elle a essuyé 46 millions de pertes, mais elle devrait atteindre l’équilibre en 2013 avec un niveau d’activité de 175 millions de dollars. Le conflit avec Johnson Controls, qui pourrait durer de six mois à plus de deux ans selon Exane BNP Paribas, risque de remettre en question ce plan et de prolonger la phase de pertes, même si les deux groupes disent que les contrats en cours ne sont pas menacés.
Saft pourrait tenter de racheter les 51% que détient Johnson Controls. Une première proposition en ce sens a été faite mais l’américain l’a refusée. Néanmoins, dans ce cas, Saft devrait supporter seul les pertes de la société et ses investissements estimés à plusieurs centaines de millions de dollars. Or, si avec 34 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuels, Johnson Controls a les reins suffisamment solides, Saft est nettement moins puissant. La société française a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 591 millions d’euros.
Selon plusieurs analystes, la manœuvre de Johnson Controls viserait à pousser Saft à accepter d’élargir le périmètre de l’accord. JCS ne concerne en effet que les batteries automobiles. Or, ce secteur est jugé plus concurrentiel et moins prometteur que les batteries développées pour stocker l’électricité issue des énergies renouvelables, une technologie développée par Saft.
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