La dévaluation du bolivar pèsera sur les comptes de Telefonica cette année

Le nouveau taux de change amputera de 7% l’excédent brut d’exploitation de l’opérateur et il générera une perte en trésorerie de 2,4 milliards
Yves-Marc Le Réour

Le nouveau mécanisme de change alternatif (Sicad II) en vigueur depuis le début de cette semaine au Venezuela va peser sur le compte de résultat et le bilan de Telefonica cette année, rendant ainsi plus difficile son processus de désendettement. En pratique, ce système débouche sur une dévaluation effective de 85% de la devise vénézuélienne par rapport à la monnaie unique, à 71,5 bolivars pour un euro contre 11 bolivars auparavant.

Un affaiblissement supplémentaire de cette devise n’est en outre pas à exclure étant donné que l’inflation du pays est supérieure à 50%.

Les analystes de BoA Merrill Lynch tablaient jusqu’ici sur une stabilité de la contribution du Venezuela à l’excédent brut d’exploitation (EBE) de l’opérateur télécoms en 2014, soit environ 1,6 milliard d’euros. En utilisant le nouveau taux de change, «l’effet de conversion réduit cette contribution de 1,3 milliard d’euros à seulement 250 millions, ce qui implique un impact négatif d’environ 7% sur l’EBE consolidé du groupe».

La position de trésorerie nette Telefonica au Venezuela s’élevait à 2,7 milliards d’euros au 31 décembre 2013. Avec ces nouvelles références de change, «la perte de trésorerie induite sera de 2,4 milliards d’euros», relèvent les analystes de Citigroup. «Cela accroît notre estimation de dette nette ajustée à 47,1 milliards, soit un ratio de dette nette sur EBE de 3 fois» contre un ratio inférieur à 2,35 fois visé par Telefonica. En incluant une nouvelle émission de 1,75 milliard d’euros de dette hybride qui devrait être bouclée cette semaine, ce ratio s’élèvera à 2,7 fois. En conséquence, le groupe «devra procéder à d’autres cessions d’actifs pour respecter son objectif. Il lui sera également difficile de financer d’autres opérations de croissance externe après celle de E-Plus, à moins d’effectuer d’autres levées de fonds en dette hybride ou en capital», conclut le bureau d’analyse.

Selon Beka Finance, ces difficultés monétaires «font partie des raisons ayant poussé le groupe à proposer voici quelques semaines de payer à ses actionnaires un dividende en actions (‘scrip dividend’). Il ajoute que ces dépréciations devraient toucher d’autres pays d’Amérique latine et table sur un repli de 15% du real brésilien et de 20% du peso chilien par rapport au taux de change moyen de 2013.

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