La cyberfraude, une menace encore sous-estimée par les entreprises
Cela fait mauvais genre que le grand opérateur français de la défense voit s’étaler dans la presse des informations confidentielles concernant ses sous-marins nucléaires.
La DCNS a beau minimiser leur importance, la publication par un journal australien d’un déluge de documents sur ses submersibles de type Scorpene en construction en Inde ne lui fera aucun bien dans les pays équipés ou intéressés par ces vaisseaux sophistiqués.
C’est le cas de la Malaisie, du Chili ou de l’Australie où elle s’apprête justement à signer un « contrat du siècle » de 38 milliards de dollars.
Pour l’heure, lesdits documents ne contiendraient pas de secrets-défense et résulteraient d’un vol vieux de 5 ans plutôt que d’une cyberattaque. Le dommage pourrait en être limité.
Il en résulterait même un bien si les entreprises françaises se convainquaient d’augmenter sensiblement leurs budgets consacrés à la lutte contre la cyberfraude, surtout s’agissant de la protection de leurs données sensibles.
Dans les grands groupes, notamment les banques, les budgets explosent déjà.
Mais dans les plus petits, la prise de conscience des dégâts potentiels, notamment à l’exportation, reste partielle.
La publication récente des premiers arrêtés relatifs à la sécurité des systèmes d’information des opérateurs d’importance vitale, dans le cadre de la loi de programmation militaire, devrait aider.
Près de 250 entreprises privées et entités publiques seront à terme concernées. Mais la nécessité de se protéger va bien au-delà.
Le marché y est en tout cas attentif, comme le prouve le plongeon de 3% de Thales en Bourse hier.
L’ironie, c’est que ce groupe, actionnaire à 35% de DCNS, est justement un des grands mondiaux… de la cryptologie !
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