La cotation reportée de Property témoigne des tensions chez Carrefour

La scission de 100% de Dia, le pôle hard discount, demeure néanmoins à l’ordre du jour de l’assemblée générale du 21 juin
Bruno de Roulhac
Une enseigne Carrefour à Euralille. Photo: PHB/Agefi
Une enseigne Carrefour à Euralille. Photo: PHB/Agefi  - 

Carrefour ferait-il des concessions face à la fronde des opposants à son projet de mise en Bourse de Dia et de Carrefour Property ? Le distributeur vient en effet de «différer» son projet de cotation de 25% de son pôle immobilier, en ne l’inscrivant pas à son projet d’ordre du jour pour l’assemblée générale du 21 juin prochain. La scission à 100% de Dia et sa cotation à Madrid restent néanmoins d’actualité. Le projet sera détaillé le 17 mai prochain.

Knight Vinke, qui détient 1,5% du capital, se félicite de cette annonce. Dans une lettre du 11 avril dernier adressée aux membres du conseil d’administration, il avait lui-même demandé que la cotation de Carrefour Property «soit reconsidérée, ou tout au moins reportée», rappelant que la plupart des investisseurs rencontrés –pesant plus de 20% du capital de Carrefour– comptait rejeter la résolution relative à la scission du pôle immobilier. A contrario, la cession de Dia, qu’il n’évoque pas, ne lui semble pas une mauvaise opération…

Alors que l’influence de Blue Capital (14% du capital et 20% des droits de vote) au sein du conseil semble ainsi diminuer, Carrefour explique cette décision par le limogeage de son directeur exécutif France. Quinze mois après son arrivée, James McCann, ancien de Tesco, quitte le groupe, «car la performance commerciale de la France n’est pas au niveau des attentes de la direction générale», a précisé une porte-parole de Carrefour. De fait, le chiffre d’affaires France est resté stable l’an dernier (à changes constants et hors essence) tandis que la part de marché du groupe a reculé.

Avec ce départ, la valse des directeurs se poursuit chez Carrefour. En février dernier, Vicente Trius, directeur exécutif Europe, était parti de son plein gré moins d’un an après son arrivée. Dans l’attente de la nomination d’un nouveau patron, le directeur général, Lars Olofsson, prendra la direction opérationnelle de la France. «La greffe anglo-saxonne semble avoir du mal à ‘prendre’ chez Carrefour», souligne CM-CIC. «Nous pensons que la surcharge de travail et la désorganisation provoquée par ces départs ne justifient qu’en partie le retard de l’opération Carrefour Property, ajoute Aurel BGC. Le mauvais accueil du projet et les interrogations sur son intérêt et les risques encourus sur l’évolution des loyers de Carrefour pourraient aussi avoir pesé sur cette décision.»

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