La consolidation des télécoms français n’est que partie remise
La consolidation des télécoms en France attendra encore quelques mois. Après plusieurs semaines de négociations avancées, Orange, Bouygues Telecom et Iliad (Free) n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le schéma qui aurait permis de faire passer le marché de quatre à trois opérateurs via un partage de Bouygues Telecom entre ses deux concurrents. «Les conditions que le groupe avait fixées (pour cette consolidation, NDLR) ne sont pas réunies aujourd’hui pour y donner suite», a reconnu hier matin Orange. Stéphane Richard, le PDG du premier opérateur français, a par la suite expliqué à La Tribune que «les demandes de Bouygues étaient trop élevées et Iliad ne voulait pas aller suffisamment loin dans sa participation à une opération.»
Les discussions ont échoué d’une part pour une question de prix: Bouygues valorise ses actifs dans les télécoms autour de 8 milliards d’euros, ses concurrents étaient prêts à aller jusqu’à 6 milliards. D’autre part, si Iliad se voyait bien racheter le réseau mobile et des fréquences de Bouygues Telecom, l’opérateur alternatif ne souhaitait pas alourdir sa structure de coûts avec des boutiques, des salariés et des clients supplémentaires. Orange était disposé à en reprendre une partie pour faciliter la transaction mais pas la totalité.
Orange, Bouygues, Iliad et leurs conseils, Lazard et Credit Suisse pour le premier, Rothschild pour le deuxième, Messier Maris pour le dernier, ont donc refermé leurs dossiers. Mais il est probable qu’ils soient rouverts dans les prochains mois. Les analystes de Goldman Sachs accordent toujours une «forte probabilité à la consolidation du marché français des télécoms à moyen terme», alors que les discussions avancées menées entre les différents groupes «ont démontré la rationalité stratégique» d’une telle opération.
Seul le rachat de Bouygues Telecom permettrait de mettre un terme à la guerre commerciale qui secoue le marché depuis 2012. Encore plus au moment où la filiale de Bouygues redouble d’agressivité commerciale dans le fixe, au détriment de ses cash flows. Financièrement, Orange et Iliad ont tout intérêt à concrétiser l’opération. Selon les analystes de JPMorgan, entre les synergies et l’effet sur les prix, le partage de Bouygues Telecom permettrait à ses deux concurrents de créer chacun un peu plus de 9 milliards d’euros de valeur pour leurs actionnaires.
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