La Consob veut réformer les procédures d’augmentation de capital

L’autorité des marchés financiers italiens veut limiter les anomalies de marché créées par les opérations entraînant une forte dilution
Olivier Pinaud

La Consob veut réformer les procédures d’augmentation de capital entraînant une forte dilution. La récente opération réalisée par Monte Paschi di Siena (MPS) a en effet incité l’autorité italienne des marchés financiers à relancer une réflexion engagée en 2010 mais qui n’avait pas abouti. La nouvelle consultation de la Consob vise à évaluer les conséquences pour les banques et les opérateurs de marché de la mise en œuvre de la procédure dite de «rolling» durant les augmentations de capital les plus dilutives. Au lieu que les nouvelles actions ne soient émises à la fin de la période de souscription, comme c’est le cas actuellement, cette procédure permettrait de les émettre au fur et à mesure de l’opération.

Le rolling permettrait, selon la Consob, de limiter les anomalies de marché créées par les augmentations de capital ayant un effet de forte dilution. L’opération MPS, mais également les levées de fonds réalisées par Tiscali ou Seat Pagine Gialle en 2009, ont montré une surestimation du prix de marché des actions ex-droit préférentiel de souscription (DPS) par rapport à leur valeur théorique, rappelle le gendarme des marchés italiens.

Outre la spéculation sur l’espoir d’un rebond du titre, plusieurs effets peuvent expliquer ce décalage lié à un afflux d’achats dans les premiers jours de souscription, indique la Consob: la faiblesse du cours de l’action ex-DPS comparée aux prix d’avant l’opération peut tromper les investisseurs particuliers sur le caractère avantageux de l’émission; pour un même montant à investir, plus d’actions peuvent être achetées alors que le nombre de titres à la vente reste le même jusqu’au dernier jour de souscription; enfin, la hausse du cours de l’action ex-DPS peut provoquer des effets d’arbitrage sur les options d’achats et de ventes de titres, qui eux-mêmes peuvent entretenir la hausse du titre.

La Consob reconnaît que le rolling n’a pas que des avantages. Outre des caractéristiques en décalage par rapport à certains articles de la loi bancaire italienne et aux règles européennes, l’autorité rappelle que les banques italiennes ont chiffré à 50 millions d’euros les investissements nécessaires en informatique pour appliquer le rolling, sans compter 7 millions d’euros de frais de maintenance annuels. La consultation de la Consob est ouverte jusqu’au 30 septembre.

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