La concentration dans la santé animale devrait reprendre
Un an après l’annonce du rapprochement de leurs activités de santé animale, Merial pour Sanofi-Aventis et Intervet/Schering Plough pour Merck, les deux partenaires mettent fin à ce projet commun. Une rupture analysée par les analystes comme un possible désaccord entre les deux laboratoires ou en raison des performances commerciales «un peu décevantes de Merial, avec un chiffre d’affaires 2010 affichant une hausse de 2,6%, inférieure à la croissance du marché évaluée à 5% par an», note Natixis. Les deux partenaires expliquent cette décision par «la complexité croissante de la mise en œuvre» du rapprochement, «liée à la fois à la nature et à la taille des cessions anticipées ainsi qu’à la durée nécessaire au processus de révision par les autorités de la concurrence au niveau mondial». Morgan Stanley avait été mandaté par les deux groupes pour les cessions d’actifs évaluées à 1 milliard de dollars.
Sur un plan stratégique, cette annonce «est une mauvaise nouvelle, dès lors que la fusion aurait favorisé la création d’un leader dans la santé animale au portefeuille d’activités complémentaires et permis de dégager des synergies», souligne l’analyse crédit de Natixis. La banque estimait ces synergies à 240 millions de dollars.
D’un point de vue financier, l’opération est relativement neutre, la fin de l’accord s’effectuant sans pénalité pour l’une ou l’autre partie. Par ailleurs, le laboratoire français n’aura pas à débourser la soulte de 1 milliard de dollars (700 millions d’euros) prévu. Le rapprochement aurait été relutif de 1 à 2% selon Oddo. CA Cheuvreux estime que la part de 50% dans cette nouvelle co-entreprise aurait contribué à hauteur de 6,2% au bénéfice net des activités 2015 (post-Genzyme), contre 5,7% avec Merial à 100%. Néanmoins, «conserver Merial à 100% est une meilleure solution sur le plan financier à court terme considérant que cette entité est de loin la plus rentable», ajoute Raymond James.
Ce mariage avorté devrait relancer les spéculations dans la santé animale et des mouvements de concentration devraient voir le jour dans les prochains mois selon les analystes. «Merial et Intervet/Schering-Plough devraient être plus actifs sur les opérations de croissance externe, ce qui devrait se traduire par une hausse des prix de transactions», note Gilbert Dupont. Sanofi-Aventis pourrait ainsi s’intéresser aux divisions santé animale,de Bayer ou de Novartis.
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