La Chine sort de plus en plus l’arme anticoncurrentielle contre les groupes étrangers
Mercedes-Benz est la dernière cible en date de la China National Development and Reform Commission. Hier, neuf enquêteurs de l’autorité chinoise de la concurrence ont fait irruption dans les bureaux du constructeur automobile à Shanghai pour interroger les dirigeants et saisir des ordinateurs. Depuis quelques semaines, ils enquêtent sur les pratiques tarifaires du constructeur allemand. Daimler, la maison mère de Mercedes, a assuré hier de sa pleine coopération avec les autorités chinoises.
La veille, le groupe allemand avait annoncé une baisse en moyenne de 15% du prix de plus de 10.000 pièces détachées à partir du 1er septembre, moins d’un mois après une première réduction des prix des services de réparation et de contrôle technique. Jaguar Land Rover et Audi ont également récemment réduit le prix de leurs prestations en Chine. Seul BMW n’a pas encore modifié ses tarifs. Hier, lors de l’annonce des résultats semestriels, la direction du constructeur allemand a indiqué avoir transmis dernièrement des informations aux autorités chinoises. Par ailleurs, la rumeur d’une enquête visant Chrysler a contribué à faire chuter l’action de Fiat, sa maison mère.
Les fabricants de voitures de luxe ne sont pas les seuls visés par les autorités antitrust. Depuis quelques mois, leurs différents services multiplient les enquêtes auprès d’industriels de l’automobile, de la pharmacie, des logiciels ou des produits infantiles. Ces dernières semaines, Danone, Qualcomm, Microsoft, BMW ou Symantec ont eu affaire avec la China National Development and Reform Commission qui entend bien faire appliquer une loi antimonopole édictée en 2008 afin de protéger les consommateurs de hausses de prix injustifiées.
Mais pour certains, les actions de l’autorité antitrust visent aussi à protéger et à soutenir les industriels chinois. En mai, la Chambre de commerce américaine s’était officiellement plainte par écrit auprès du Trésor américain du durcissement du climat des affaires en Chine. Des accusations dont se défendent les autorités chinoises. Elles rappellent que des entreprises domestiques sont également visées par leurs enquêtes, même si les cas ne sont pas aussi médiatiques que celui de Mercedes.
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