La Chine fait monter la pression sur les producteurs de cuivre

Le chinois Minmetals, qui a lancé une OPA de 6,5 milliards de dollars sur le canadien Equinox, devra sans doute relever le prix de son offre
Yves-Marc Le Reour

Filiale de China Minmetals, premier négociant de métaux en Chine, Minmetals Resources (MMG) ne souhaite pas jouer les figurants dans la consolidation du marché du cuivre. Alors que le canadien Lundin Mining fait l’objet d’une offre hostile de la part de son homologue Equinox Minerals, c’est ce dernier qui fait désormais figure de proie. Il vient en effet de recevoir une proposition inattendue de rachat en numéraire de MMG pour 6,5 milliards de dollars américains (4,6 milliards d’euros).

Le prix proposé de 7 dollars canadiens par action «correspond à une prime de 23% sur le cours de clôture d’Equinox vendredi à Toronto», souligne MMG. Equinox devra cependant renoncer à son offre de 3,2 milliards d’euros sur Lundin, qui arrive normalement à expiration dans une semaine. Lundin a lui-même annulé fin mars un projet concurrent de fusion avec Inmet Mining, autre producteur canadien de cuivre. Le recours accru à la croissance externe dans le secteur s’explique par le doublement du coût des investissements nécessaires pour mettre en production une mine de cuivre depuis 2005.

Le conseil d’administration d’Equinox va se réunir pour examiner l’offre chinoise, mais «certains investisseurs pourraient attendre qu’une proposition plus élevée se présente», juge Anna Kassianos, analyste chez Austock Securities, en évoquant un prix de 8 dollars canadiens par action. L’action Equinox cotait 7,45 dollars canadiens hier à Toronto à la clôture des Bourses européennes, au-dessus du prix offert par MMG. Reste à savoir si des concurrents comme Xstrata ou Norilsk Nickel voudront se mesurer à un groupe public chinois.

Conseillé par Deutsche Bank et Macquarie Capital, MMG a reconnu s’intéresser «depuis plus d’un an» à Equinox. Ayant accumulé 4,2% du capital de sa cible en 2010, il veut recueillir «au moins deux tiers des actions en circulation». Soumise à l’accord des régulateurs australiens et chinois, l’opération qui devrait être finalisée à l’été prochain sera financée sur sa trésorerie et grâce à «des lignes de crédit arrangées par des banques chinoises».

Grâce à Equinox, MMG mettrait la main sur des gisements d’uranium et de cuivre en Zambie, ainsi que sur la mine de cuivre Jabal Sayid en Arabie saoudite dont l’exploitation doit démarrer en 2012. En cas de succès de son offre, le cuivre représenterait 60% de la production de MMG en 2015 contre 25% à l’heure actuelle.

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