La cession d’Open Grid Europe affaiblirait le profil opérationnel d’E.On en Allemagne
E.On semble mettre les bouchés doubles dans son programme de cessions d’actifs. Le groupe allemand avait déjà réalisé au 30 juin dernier 60% des 15 milliards de cessions prévues entre 2011 et 2013. Selon le Financial Times, il vient d’engager Goldman Sachs pour mettre en œuvre le processus de vente de son réseau de distribution de gaz Open Grid Europe, long de 12.000 km. Le journal ajoute que cette opération, qui devrait être réalisée avant la fin du premier semestre 2012, «pourrait lui rapporter 2,5 milliards d’euros», les repreneurs potentiels pouvant être des investisseurs financiers ou des industriels comme l’italien Enel.
Il est à noter qu’Open Grid Europe est logée au sein de Ruhrgas, filiale d’E.On également active dans le négoce et dans l’amont gazier. Or, cette filiale fait l’objet de la part de la Commission européenne d’une enquête antitrust qui vise plusieurs producteurs européens de gaz naturel présent en Europe centrale et orientale. Le siège de Ruhrgas a d’ailleurs été perquisitionné la semaine dernière dans le cadre de cette enquête.
La cession de cet actif régulé contribuerait à renforcer la structure de bilan du groupe allemand dont la dette nette s’élevait encore à 16 milliards d’euros au 30 juin dernier. En revanche, elle «affaiblirait son profil de risque opérationnel en Allemagne», relèvent les analystes crédit de Natixis. La sortie du nucléaire outre-Rhin va en effet peser sur les marges de la production électrique d’E.On. La part croissante, dans son mix-énergétique, de sources d’énergie intermittentes comme le solaire et l’éolien entraînera une plus faible utilisation de ses centrales thermiques et une volatilité plus grande des prix de l’électricité sur le marché de gros.
Mais pour garantir l’approvisionnement de sa clientèle lors des pics de la demande, E.On devra à l’instar de ses concurrents construire de nouvelles centrales à gaz ou à charbon en dépit d’un retour sur capitaux investis inférieur aux niveaux actuels. «La rentabilité brute d’exploitation d’une centrale à charbon en Allemagne pourrait baisser de 41% d’ici à 2014», pronostiquent les analystes de Barclays. Actuellement à l’étude, l’introduction d’une compensation financière permettrait donc éviter un plongeon trop important des bénéfices des producteurs électriques outre-Rhin.
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