Korian va lever 400 millions d’euros pour financer le rachat d’Inicea
Accélération. Korian se renforce dans la santé mentale. Le groupe de cliniques et de maisons de retraite vient d’entrer en négociation exclusives avec Antin Infrastructures Partners en vue de l’acquisition d’Inicea, troisième opérateur français en santé mentale, pour 360 millions d’euros, dont 140 millions d’immobilier, et une petite part de dette, a précisé le directeur financier de Korian, lors d’un point presse. L’opération devrait être finalisée avant la fin de l’année.
Inicea exploite 12 cliniques et 7 hôpitaux de jour, pour un total de 1.220 lits. Il détient l’immobilier de dix établissements. Ces implantations sont complémentaires du réseau géographique de Korian en santé mentale. Inicea devrait dégager un chiffre d’affaires de plus de100 millions d’euros en 2020, puis afficher une croissance moyenne d’au-moins 6% à périmètre constant.
Un marché de la santé mentale à consolider
Le vieillissement de la population fait des soins psychiatriques un marché d’avenir. 15% des plus de 60 ans souffrent de troubles mentaux selon l’OMS. Korian rappelle qu’il manque au moins 15.000 lits en santé mentale. Aussi, le groupe crée une nouvelle ligne d’activité «santé mentale», qui regroupera les 30 établissements psychiatriques et d’addictologie de Korian (11 cliniques) et d’Inicea (19 établissements). Cette activité pèsera plus de 150 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020 et de près de 200 millions en 2025, hors acquisitions. Grâce aux synergies de coûts liées à l’intégration des deux réseaux, cette activité contribuera «positivement» à la marge du groupe dès 2021. Alors que les trois premiers acteurs en France (Orpea, Ramsay et bientôt Korian) détiennent 50% du marché, Korian, dont la part de marché sera de 17% avec Inicea, compte bien participer à la consolidation du secteur sur son marché domestique, mais aussi en Allemagne et aux Pays-Bas, précise Nicolas Merigot, directeur général Korian France Santé. Cette acquisition s’inscrit dans la stratégie du groupe de créer des plates-formes de soins, proposant une large gamme de services pour les personnes âgées ou malades. Korian va notamment développer la télémédecine en psychiatrie.
Avant la fin de l’année et «dès que seront réunies les conditions de marché appropriées», Korian lancera une augmentation de capital, avec droit préférentiel de souscription, de 400 millions d’euros. Les deux premiers actionnaires de Korian, Predica et Malakoff Médéric Humanis ont l’intention de participer à cette opération à hauteur de leur participation, respectivement de 24,3% et de 7,6%. Cette opération permettra de financer l’acquisition d’Inicea et la croissance du groupe, mais aussi d’améliorer le ratio de levier de Korian, qui était de 3,1 fois fin 2019.
Le groupe, qui avance la publication de son chiffre d’affaires trimestriel au 19 octobre prochain donne déjà des indications. Grâce à l’accélération de son activité entre le deuxième et le troisième trimestre, Korian vise un chiffre d’affaires de 945 à 965 millions sur le trimestre clos fin septembre. Soit une croissance de 5% à 6% sur un an, tirée par les acquisitions, et par une croissance organique «légèrement positive». Par ailleurs, après la crise du printemps, le groupe précise que 94% de ses établissements n’ont pas de cas de Covid-19.
4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022
Pour l’ensemble de l’année, Korian table sur une croissance de plus de 5% de son chiffre d’affaires, dont une légère croissance organique, contre 9% prévus initialement. Le groupe avait suspendu ses objectifs fin avril. La marge d’Ebitda est attendue au moins à 12,1% (pré-IFRS 16) et à 13,2% hors coûts Covid-19, contre plus de 15% espérés fin février.
Abandonnant sa guidance 2021, qui devrait encore pâtir des effets de la crise actuelle, Korian préfère donner un objectif à horizon 2022 de 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, pour une marge d’Ebitda de 15,5% (et de 24% post-IFRS 16 sur la base de 80 millions d’euros de loyers). Korian détaillera sa stratégie le 8 octobre lors d’une réunion virtuelle investisseurs, qui remplacera la journée investisseurs du 10 novembre.
Par ailleurs, le président du conseil de Korian, Christian Chautard, âgé de 72 ans, a démissionné de ses fonctions de président et d’administrateur «pour convenance personnelle». Jean-Pierre Duprieu, ancien cadre dirigeant d’Air Liquide, qui siège chez Korian depuis 2016 et également chez Michelin et Seb, lui succède. Le conseil de Korian compte désormais onze membres, dont cinq indépendants, cinq femmes et deux représentants des salariés. Un nouvel administrateur devrait être coopté dans les prochains mois. En attendant, Korian peut se targuer d’être le seul groupe du SBF 120 avec une directrice générale et quatre présidentes de comités.
Plus d'articles du même thème
-
Prologis relève une dernière fois son offre sur Segro
Le spécialiste de la logistique américain a relevé pour la quatrième fois son offre sur son concurrent britannique. La date limite pour qu’une offre soit officiellement formalisée est fixée à ce mercredi 22 juillet au soir. -
Le bras de fer entre Segro et Prologis crispe le fonds souverain norvégien
Alors que la foncière britannique spécialiste des entrepôts, Segro, a rejeté une nouvelle offre de rachat de Prologis, le fonds de pension norvégien s’est fendu d’un communiqué engageant les deux sociétés à se rapprocher. -
Les gérants alternatifs Harrison Street et RoundShield unissent leurs plateformes en Europe
Les sociétés de gestion Harrison Street Asset Management (HSAM) et RoundShield Partners ont combiné leurs plateformes en Europe.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Une dose de paramétrique peut venir au secours de l’assurance catastrophes naturelles
Contenu de nos partenaires
-
Ramer à contre-courantBudget 2027 : un effort de 35 milliards d'euros
En 2027, les dépenses publiques bondiraient de près de 60 milliards si rien n'est fait. Le gouvernement prépare pour 2027 un redressement ambitieux -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut -
ArbitragesBudget : grands dilemmes et petits comptes de Jean-Pierre Farandou
A la tête du poste qui doit le plus contribuer à l'effort budgétaire, le ministre du Travail tente d’éviter une nouvelle ponction de l’Unédic et réfléchit à des coups de rabot