Kingfisher devra se montrer patient pour son projet d’OPA sur Mr Bricolage
Kingfisher veut devenir le roi du bricolage en France. Le groupe britannique, propriétaire de Castorama et Brico Dépôt dans l’Hexagone, a signé un accord préliminaire non engageant avec deux grands actionnaires de Mr Bricolage : l’ANPF (41,9% du capital) et la famille Tabur (26,2% du capital). Dans le cadre de négociations exclusives, ces actionnaires de référence prévoient de céder leurs blocs totalisant 68,1% du capital au prix de 15 euros l’action.
Si l’opération se concrétise, Kingfisher déposera ensuite un projet d’OPA obligatoire au même prix visant l’ensemble des titres Mr Bricolage. Mr Bricolage est conseillé par Natixis.
Ce prix de 15 euros fait ressortir une prime de 12,2% comparé au dernier cours de cotation, alors que la valeur de l’action a grimpé de 34% depuis le début de l’année. «Le groupe est ainsi valorisé à 155,8 millions d’euros pour 100% du capital (près de 275 millions dette incluse, ndlr), à des ratios de valeur d’entreprise/chiffre d’affaires de 0,48 fois et de valeur d’entreprise/résultat opérationnel publié de 8,8 fois sur la base de nos estimations pour 2014», constate Gilbert Dupont.
«Notre motivation, c’est de construire un groupe dont l’attractivité va être renforcée, qui va être leader en Europe et en France, avec une offre commerciale plus puissante et de meilleures conditions d’achat pour ses adhérents», a expliqué le PDG de Mr Bricolage, Jean-François Boucher. Ce dernier a en outre souligné qu’un tel rapprochement «préserverait la culture d’indépendance et de proximité qui fait la force du groupe». «Chacun conservera ses spécificités, ses sièges et ses fonctions support», a-t-il assuré. L'équipe de direction sera maintenue en place.
La part de marché de Mr Bricolage sur le marché français avoisine aujourd’hui les 12%, ce qui le place en troisième position derrière Adeo (35%), connu pour ses enseignes Leroy Merlin ou Weldom, et Kingfisher (34%). A fin 2013, le groupe comptait 809 points de vente sous enseignes et affiliés en France. La reprise de Mr Bricolage propulserait le groupe britannique en première position avec 45% du marché français. «Il y aura probablement des arbitrages à faire», a admis Jean-François Boucher. Des enseignes d’adhérents pourraient ainsi se retirer au profit d’un statut «d’affilié sans enseigne».
L’opération devra obtenir l’aval des autorités de la concurrence, ce qui pourrait repousser sa conclusion à fin 2014-début 2015.
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